Comprendre et évaluer les impacts
Une évaluation complète des risques climatiques a été réalisée afin d’identifier les impacts potentiels sur les infrastructures, les écosystèmes et les bâtiments. L’analyse des impacts climatiques a été menée par l’équipe de consultants, composée d’ingénieurs et de spécialistes en environnement d’AECOM et de Jacobs. Ils ont utilisé les données et les cadres de référence des autorités provinciales et du Groupe CSA pour structurer leur évaluation.
- Impacts sur les infrastructures : les principaux risques pour les infrastructures sont les inondations et l’élévation du niveau marin. La montée des eaux aura un impact sur les systèmes de pompage des effluents de la station, ce qui augmentera la charge statique requise pour évacuer l’eau traitée, augmentant ainsi la consommation d’énergie. Des épisodes de pluies plus fréquents et plus intenses auront également une incidence sur les besoins en pompage. L’évaluation conclut que, sans mesures d’atténuation, ces risques constituent une menace importante pour la viabilité à long terme de la station.
- Impacts sur les écosystèmes : l’évaluation a déterminé que l’élévation du niveau marin menace de submerger les zones tidales, tandis que les températures plus chaudes, les étés plus secs et les hivers plus humides exerceront une pression sur les habitats terrestres. Les milieux humides côtiers sont très vulnérables en raison du faible taux d’accrétion et du manque d’espace pour la migration vers les hautes terres.
- Impacts sur les bâtiments : l’évaluation a tenu compte des facteurs suivant : vulnérabilité aux inondations, hausse des températures (multipliant par six les besoins en climatisation), augmentation de la vélocité des vents et détérioration de la qualité de l’air attribuable à la fumée des incendies de forêt, ce qui complique les stratégies de ventilation.
Utilisation des données climatiques dans la prise de décision
Le changement climatique représente une menace importante pour l’île Iona, avec des projections d’élévation du niveau marin de 1,0 m d’ici 2100. Les premières phases du projet ont été élaborées avec un nombre limité de données climatiques. À mesure que de nouvelles études et données climatiques sont disponibles, la conception est réévaluée en conséquence. Élément fondamental du processus décisionnel, les données climatiques déterminent les stratégies de résilience à long terme. La conception des projets s’appuie sur les projections climatiques du Grand Vancouver afin d’anticiper les conditions futures et assurer la pérennité de la station au cours du XXIe siècle.
- Les principales variables climatiques utilisées sont les suivantes :
- Températures moyennes plus élevées
- Automnes et hivers plus humides avec des précipitations extrêmes
- Étés plus longs et plus secs
- Diminution de l’enneigement
- Élévation du niveau marin (ÉNM)
- Le projet tient compte de plusieurs horizons temporels et seuils pour une mise en œuvre progressive et la durabilité, notamment :
- D’ici 2050 : une ÉNM de 0,5 m. Les températures devraient augmenter de 3 °C, les précipitations estivales diminuer de 20 % et les précipitations hivernales augmenter.
- D’ici 2100 : une ÉNM de 1,0 m (prise en compte pour établir le niveau de construction en zone inondable [NCZI]).
- D’ici 2200 : une ÉNM de 2,0 m (prise en compte pour une planification à long terme au-delà de l’horizon de conception initial).
- Sources des données : les données climatiques ont été obtenues de plusieurs rapports et lignes directrices :
- Le rapport de 2016, Climate Projections for Metro Vancouver (en anglais seulement), comme principale source pour les projections de température et de précipitation.
- Les lignes directrices provinciales, notamment Climate Change Adaptation Guidelines for Sea Dikes and Coastal Flood Hazard Land Use (en anglais seulement), pour les données sur l’ÉNM.
- Divers rapports de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis pour les données sur les tendances locales d’ÉNM.
- La norme CSA S900.1:F18 Adaptation aux changements climatiques pour les stations de traitement des eaux usées, pour les données sur les tendances locales d’ÉNM.
Les données climatiques influencent directement la conception du projet. Par exemple, le niveau de construction en zone inondable a été fixé à 7,0 m géodésiques pour les nouvelles structures, une décision fondées sur les projections d’ÉNM, d’ondes de tempête, de tassement du sol, d’effet des vagues et sur un franc-bord sécuritaire. Les infrastructures essentielles sont placées à ce niveau et plus. Les espaces non essentiels des niveaux inférieurs sont munis d’une protection étanche pour tenir compte du tassement du sol, de la marée haute, des ondes de tempête et de l’effet des vagues. Le projet propose également des stratégies de protection fondées sur les écosystèmes, comme des brise-lames vivants et l’apport de sédiments pour restaurer l’estran et aider les habitats naturels à s’adapter à la montée des eaux.