Comprendre et évaluer les impacts
Le site entourant le parc Dale Hodges se situe à l’exutoire d’un important réseau souterrain d’eaux pluviales qui se déverse dans la rivière Bow, en amont d’une zone de frai de l’omble à tête plate. Ce projet offrait de grandes possibilités environnementales et hydrologiques, mais était très complexe sur le plan infrastructurel.
Les écosystèmes de la rivière, des rives et de l’escarpement de la vallée de la rivière Bow sont des éléments naturels fondamentaux de la ville de Calgary. La rivière Bow est une rivière de montagne froide et limpide, dotée d’un écosystème unique, centrée sur la truite. Avant que la zone ne devienne une gravière au milieu du XXe siècle, elle abritait un cours d’eau naturel. Cependant, le réchauffement climatique et la pollution ont entraîné une diminution du taux d’oxygène et un enrichissement en nutriments, ce qui a considérablement affecté la santé du ruisseau à truite et de l’écosystème environnant.
Pour répondre aux préoccupations sur la qualité de l’eau et la dégradation écologique du site, les principaux objectifs du projet étaient le traitement des eaux pluviales avant leur rejet dans la rivière Bow et la restauration de l’écosystème. Ce projet a été l’occasion de régénérer les habitats naturels, de rétablir le système hydrologique original, de renouer la relation avec la rivière grâce aux aménagements récréatifs et aux parcs, et de démontrer l’engagement municipal envers le développement durable.
UTILISATION DES DONNÉES DANS LA PRISE DE DÉCISION :
Une série d’études et d’analyses sur l’hydrologie, la végétation, les habitats, et les infrastructures actuelles, ainsi que sur les services publics et les eaux pluviales, ont été menées.
Au cœur du projet, le système de gestion des eaux pluviales, conçu pour s’adapter à divers débits, allant des épisodes fréquents d’étiage aux crues extrêmes. Cette souplesse tient compte des projections climatiques pour le sud de l’Alberta, qui indiquent que la fréquence et l’intensité des tempêtes augmenteront. En aval, le système intègre un déversoir résistant à l’érosion qui sert de soupape en cas de crue ou de refoulement. Cette caractéristique améliore la fonction écologique et protège les ouvrages et les habitats environnants.
Le système de traitement des eaux pluviales est organisé en neuf bassins de traitement. Les conditions pédologiques, les communautés végétales et les caractéristiques hydrologiques sont spécifiques à chaque bassin. Cette diversité écologique améliore la qualité de l’eau et favorise la régénération naturelle des habitats dans les zones marécageuses profondes et peu profondes. De même, les conditions hydrologiques variées et les interactions entre les végétaux favorisent la biodiversité et offrent des habitats à une grande variété d’espèces.
Le flux d’eau dans le parc commence dans les quartiers résidentiels en amont, où le ruissellement s’écoule dans des canalisations avant d’atteindre le parc. L’eau traverse ensuite une succession de marais, de prairies humides, de zones riveraines et un ruisseau restauré de 900 m de long. En amont du ruisseau artificiel, les eaux pluviales se déversent dans l’étang Nautilus, qui retient une grande partie des sédiments et des polluants flottants susceptibles de saturer les composants plus sensibles du système en aval.
Le débit, qui peut atteindre 5 m3/s, se déverse ensuite dans la forêt riveraine vers le ruisseau artificiel qui longe les milieux humides, où ils subissent un traitement supplémentaire pour éliminer les sédiments plus fins, les nutriments dissous et d’autres contaminants. Les forts débits, peu fréquents, supérieurs à 5 m3/s et jusqu’à 20 m3/s, contournent la zone humide de traitement et subissent un traitement biomimétique dans le ruisseau artificiel et les habitats riverains. Cette structure hydrologique rétablit le cycle naturel d’inondation de la forêt en permettant le dépôt de limon et le cycle des nutriments, créant ainsi un écosystème riverain productif.
Un système à double canalisation est utilisé pour gérer les fortes crues. Les petites canalisations gèrent les débits courants, mais transportent des charges de polluants plus élevées, tandis que les grandes canalisations sont ouvertes lors de fortes précipitations. Les « murs sources » en amont (terme créé par les artistes pour décrire l’installation) sont utilisés pendant les précipitations extrêmes pour libérer l’eau, avant qu’elle n’atteigne l’étang Nautilus, vers le cours d’eau sans perturber les zones humides. Ces murs servent également d’œuvres d’art publiques, permettant ainsi aux visiteurs d’observer les fluctuations du niveau d’eau de différents épisodes pluvieux.