Comprendre et évaluer les impacts
La démolition de l’autoroute Bonaventure a libéré plus de 3 ha d’espaces publics végétalisés. En plus de favoriser la socialisation et d’améliorer la qualité de vie urbaine, il s’agissait d’une occasion unique de réduire la dépendance à l’automobile au centre-ville, de défragmenter les quartiers et de créer une entrée dynamique au centre-ville de Montréal.
La gestion des eaux pluviales était un élément prioritaire. Il s’agissait de traiter sur place les eaux de ruissellement, d’accroître la perméabilité, de créer des microclimats pour atténuer les îlots de chaleur et d’améliorer l’accès à la nature dans un milieu densément urbanisé qui manquait d’espaces verts. En remplaçant le gris par le vert, notamment des jardins pluviaux et des îlots végétalisés, le projet améliore considérablement la durabilité environnementale et les fonctions écologiques (notamment, la pollinisation et la séquestration carbonique) tout en soutenant la faune et la biodiversité urbaines. Cette approche fondée sur la nature, a permis d’obtenir la certification SITES, un programme d’aménagement et de développement durable du territoire administré par Green Business Certification Inc (GBCI). Rousseau Lefebvre a entrepris la démarche de certification dès le début, preuve de son engagement envers la durabilité et la régénération environnementales.
Enfin, le riche contexte historique du site a joué un rôle déterminant dans la conception des Lieux publics Bonaventure. C’était l’occasion de créer un espace ouvert, à saveur poétique, qui restaurait la biodiversité et qui améliorait l’esthétique avec des éléments sculpturaux et des œuvres d’art public. Un projet cadre de développement durable urbain.
Données climatiques et prise de décision:
Malgré le manque de données climatiques, le concept de résilience et de durabilité, ainsi que la restauration de la biodiversité ont été au cœur du projet. Une attention particulière a été accordée à la végétation pendant la conception. Les végétaux ont été sélectionnés en fonction de leur capacité d’adaptation aux conditions pluviométriques et aux contraintes environnementales urbaines.
La gestion des eaux pluviales était également une priorité. L’aménagement est conçu pour stocker de grands volumes d’eaux pluviales et permettre l’infiltration en trois jours. Environ la moitié des sols sont perméables et la topographie (dépressions et monticules) en tient compte pour maximiser la capacité de stockage dans le sol pendant les fortes pluies et favoriser la résilience pendant les périodes de sécheresse.
Les ingénieurs du projet ont analysé les courbes IDF et le centile de précipitation (85e), ce qui a directement éclairé les solutions mises en œuvre. L’aménagement est conçu, malgré le manque de données météorologiques, pour traiter les fortes précipitations grâce à la capacité de stockage supplémentaire qui dépasse les normes actuelles. En traduisant les données techniques en éléments conceptuels, le projet Bonaventure propose des objectifs écologiques, techniques et esthétiques qui privilégient des solutions adaptées au milieu plutôt que sur des calculs normatifs. En plus des données techniques, la réglementation municipale sur la gestion des eaux pluviales a orienté la conception, ainsi que les données sur le rendement pour la certification SITES, pour s’assurer que la rétention d’eau, l’infiltration et le contrôle des polluants étaient intégrés à la conception.