Clapets anti-retour obligatoires sur les conduites des égouts pluviaux et sanitaires

En 2009, la ville d’Ottawa, en Ontario, a subi une importante tempête de pluie et une inondation et, par la suite, a réalisé que l’utilisation efficace de clapets anti-retour était une mesure de protection essentielle, mais secondaire, contre les inondations urbaines. Une analyse menée après cette inondation a révélé que sur les quelque 1 500 maisons ayant subi des dommages liés aux inondations, environ 8 % étaient déjà équipées d’un clapet anti-retour. Le résultat final d’une analyse plus détaillée de ce problème a indiqué que les clapets anti-retour sont effectivement un outil utile pour prévenir les dommages causés par les inondations, mais qu’ils ont besoin de soutien et d’entretien pour continuer à fonctionner correctement. Comme ils sont situés dans des résidences, il est primordial que la ville transmette aux propriétaires de l’information sur les clapets anti-retour, leur fonctionnement, la protection qu’ils offrent et la manière de maintenir cette protection au fil du temps. Cette sensibilisation était un élément clé du règlement de 2010 exigeant l’installation de clapets anti-retour dans toutes les nouvelles résidences. En outre, la ville a également financé, dans le cadre de son programme de protection lié à la plomberie, l’installation de clapets anti-retour dans les résidences situées dans les zones inondées.

Comprendre et évaluer les impacts

Les clapets anti-retour sont en fait des vannes à sens unique placées dans les conduites latérales des égouts sanitaires et pluviaux d’une maison. Ils permettent aux eaux usées de s’écouler de la maison vers le réseau d’égouts, mais empêchent les eaux usées d’entrer dans la maison par les égouts en cas d’inondation. Toutes les recherches ont montré qu’ils constituent un outil efficace pour prévenir les inondations résidentielles, un phénomène qui engendre désormais systématiquement des dommages de plus de 2 milliards de dollars par an au Canada. Toutefois, les clapets anti-retour nécessitent un entretien pour fonctionner correctement. Une analyse de l’inondation d’Ottawa en 2009 a montré que le point de défaillance le plus fréquent était le couvercle du clapet, qui n’était souvent pas vissé correctement, entraînant ainsi la défaillance du système. D’autres causes de défaillance possibles des clapets anti-retour sont la dégradation des joints toriques du système, nuisant à l’étanchéité, ou la collecte de débris sous le clapet, faisant en sorte que celui-ci demeure ouvert et ne peut empêcher le refoulement des égouts dans la maison. Compte tenu des changements climatiques, il est probable que les précipitations extrêmes deviendront plus fréquentes, ce qui nécessitera un recours accru aux dispositifs de prévention tels que les clapets anti-retour.

Déterminer les actions

À la suite des inondations de 2009, la ville d’Ottawa a entrepris un examen complet pour comprendre ce qui a provoqué l’entrée d’eau dans les maisons protégées par un clapet anti-retour, étudier les normes de la ville en ce qui concerne la technologie et les pratiques actuelles de l’industrie, et voir ce que les autres municipalités faisaient pour prévenir les refoulements d’égouts. À l’issue de cet examen, la ville d’Ottawa a élaboré un plan en cinq étapes pour optimiser le potentiel des clapets anti-retour et réduire les risques d’inondation des sous-sols à l’avenir. L’un des principaux aspects de ce plan consistait à reconnaître que même si les clapets anti-retour s’avèrent un moyen efficace de protection contre les refoulements d’égouts, ils ne doivent pas être le seul outil pour y parvenir; le réseau d’égouts lui-même, parallèlement aux outils de gestion des eaux pluviales en surface, doit être entretenu et amélioré de façon constante afin de constituer le mécanisme le plus important de protection des maisons contre les inondations. L’examen a également recommandé de rendre obligatoire l’installation de clapets anti-retour dans toutes les nouvelles maisons. Cette recommandation est fondée, du moins en partie, sur une analyse coûts-avantages qui a montré que l’installation d’un clapet anti-retour dans une maison existante coûterait environ 1 400 $, alors que l’installation d’un clapet anti-retour dans une nouvelle maison coûte environ 250 $. Reconnaissant le rôle que les propriétaires doivent jouer dans l’entretien de ces dispositifs pour assurer leur fonctionnement continu et efficace, le rapport a également recommandé un programme d’information et de sensibilisation pour s’assurer que les gens ont les compétences nécessaires pour maintenir les clapets opérationnels au fil du temps.

Mise en œuvre

Pour donner suite aux recommandations proposées à la suite de l’inondation de 2009, la ville d’Ottawa a mis en œuvre cette même année un règlement exigeant que toutes les structures nouvellement construites soient équipées d’un clapet anti-retour. Il existait déjà une loi qui exigeait l’installation d’un dispositif anti-retour des eaux usées sur tout nouveau système de drain de fondation relié à un réseau d’égout pluvial ou combiné de la ville. Cette nouvelle loi actualise cette exigence et rend explicitement obligatoire l’installation de tels dispositifs sur tous les nouveaux bâtiments, tant résidentiels que commerciaux.

Résultats et suivi des progrès

Le programme de remise n’est pas obligatoire, mais a tout de même permis l’installation de plus de 900 clapets anti-retour de 2005, au moment de la mise en œuvre du programme, à 2014, au moment la rédaction de cette étude de cas.