Comprendre et évaluer les impacts
Le Rainway proposé par la communauté offrait à la Ville une occasion stratégique de relever de multiples défis en matière d’infrastructures à Mount Pleasant : atténuer les inondations localisées, augmenter la capacité du réseau dans une zone connaissant une croissance résidentielle constante et améliorer la qualité de l’eau dans le bassin versant de False Creek. Le corridor subissait des inondations localisées et une pression liée à la densification du quartier. Le réseau d’égouts existant est vieillissant et fonctionne à pleine capacité, ce qui limite sa capacité à absorber des débits d’eaux pluviales excédentaires. Sans intervention, des travaux de modernisation des canalisations seraient nécessaires dans un avenir proche pour faire face à l’augmentation des débits attribuable au développement continu et au changement climatique. La ville a estimé le coût de ces travaux de modernisation de la capacité du réseau d’égouts à environ 16 M$.
Les impacts sur la qualité de l’eau constituaient également une préoccupation majeure, car le corridor se déverse dans False Creek, l’un des plans d’eau utilisé à des fins récréatives les plus fréquentés de Vancouver. Les sédiments pollués présents dans les eaux de ruissellement urbaines posent des risques pour la santé écologique en aval et l’usage public. Les infrastructures vertes de gestion des eaux pluviales constituent l’une des seules méthodes efficaces pour capter, traiter et éliminer ces sédiments pollués avant qu’ils n’atteignent nos cours d’eau. Comme de nombreux autres secteurs, St George Street est également confronté à des défis urbains plus généraux, tels que la perte continue de biodiversité, un couvert arboré inégal et un manque d’espaces verts. Les quartiers denses, avec une végétation limitée et de vastes surfaces pavées, sont particulièrement vulnérables à l’effet d’îlot de chaleur urbain, ce qui augmente la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur extrême. Ensemble, ces conditions soulignaient la nécessité d’adopter une approche présentant de multiples avantages pour gérer les eaux pluviales en surface, améliorer la qualité de l’eau, renforcer les réseaux de transport actif, soutenir la fonction écologique et améliorer la qualité de vie.
Utilisation des données climatiques dans la prise de décision
La conception du Rainway s’est appuyée sur un ensemble de politiques et de plans stratégiques de la ville de Vancouver qui intégraient dans leurs objectifs des données climatiques régionales, les principes de la science climatique mondiale et des stratégies d’adaptation au changement climatique. Parmi les principales politiques figuraient la Rain City Strategy, le programme de réaffectation des espaces routiers, le Climate Emergency Action Plan (CEAP), Transportation 2040, la stratégie de foresterie urbaine et la stratégie en matière de biodiversité. Collectivement, ces stratégies et politiques ont façonné la manière dont les projets de gestion des eaux pluviales et de transport ont été conçus et mis en œuvre dans toute la ville.
La Rain City Strategy représente un changement fondamental dans la manière dont les eaux pluviales sont gérées à Vancouver. La stratégie repose sur l’objectif global de capter et de traiter au moins 90 % des précipitations annuelles moyennes de Vancouver, ainsi que sur un objectif de conception visant à gérer 48 mm de précipitations par jour. Ces objectifs s’appuient sur une analyse des tendances pluviométriques historiques, des projections climatiques, une analyse comparative des politiques et une expertise professionnelle. Pour le Rainway, ces objectifs ont guidé la modélisation hydraulique et la conception du système, avec des infrastructures dont les dimensions ont été conçues pour atteindre ou dépasser les objectifs de conception de la Rain City Strategy, dans la mesure du possible.
La ville de Vancouver dispose également d’un cadre stratégique de longue date visant à réaffecter les espaces routiers vers des modes de transport à faibles émissions. Plus récemment, le CEAP de Vancouver fixait des objectifs d’émissions visant à réduire la pollution carbone de la ville de 50 % d’ici 2030. Le Rainway s’est inspiré du CEAP et du programme de réaménagement routier de Vancouver, qui visent à transformer les rues ordinaires en espaces publics, accordant la priorité à la marche, au vélo, aux transports en commun et aux infrastructures vertes.
À l’échelle du site, les données climatiques régionales et les outils de cartographie du Système d’information géographique (SIG) ont guidé les décisions de conception propres au site. Les Climate Projections for Metro Vancouver (2016), qui prévoient des hivers plus humides et des étés plus chauds et plus secs d’ici le milieu du siècle, ont par exemple influencé les stratégies relatives à l’aménagement paysager du Rainway. En effet, on y privilégiait les espèces résistantes à la sécheresse et résilientes au changement climatique, tout en favorisant la biodiversité urbaine. Les données sur la foresterie urbaine et la vulnérabilité à la chaleur, notamment l’analyse de la canopée par LiDAR, la cartographie SIG et l’imagerie aérienne, ont déterminé que le corridor St. George était particulièrement sensible aux épisodes de chaleur extrême, renforçant ainsi la nécessité d’étoffer la canopée, l’ombrage et les systèmes végétalisés pour atténuer les effets d’îlot de chaleur urbain et améliorer la résilience climatique à long terme.