Comprendre et évaluer les impacts
Les statistiques fournies par le gouvernement provincial indiquaient que plus de 60 incidents impliquant des CASV étaient signalés chaque année le long de ce tronçon de la RT. Ces collisions touchent non seulement la faune, causant des blessures graves ou la mort, mais aussi les personnes, entraînant chaque année des dommages de près d’un million de dollars, incluant les blessures physiques et la détresse psychologique. Les premières estimations indiquaient que la construction d’un écopont à cet endroit pourrait réduire les collisions d’environ 80 %.
Au cours des premières discussions sur la planification et la conception, l’approche de DIALOG concernant le passage a évolué, passant d’un problème axé sur la fréquentation humaine à une solution accordant la priorité à la faune. En fragmentant le paysage, la RT agit comme une barrière physique au déplacement sûr de la faune, ce qui a un impact négatif sur l’écosystème et sa biodiversité. L’objectif du projet était de remédier à cette fragmentation et de réduire les CASV en reconnectant physiquement l’écosystème et en permettant aux animaux de se déplacer en toute sécurité sur tout le corridor. Si la sécurité humaine et la réduction des collisions étaient les motivations premières du projet, ce dernier ouvrait également la voie vers une connectivité, une migration et une diversité génétique de la faune améliorées, éléments qui sont finalement devenus les principaux objectifs du projet. Pour atteindre ces objectifs, les responsables du projet ont fait appel à une équipe de conception transdisciplinaire composée d’architectes paysagistes et d’ingénieurs, ainsi que d’écologistes et de biologistes spécialisés dans la faune. De cette manière, le projet repense l’infrastructure routière en donnant la priorité à l’écologie plutôt qu’à l’utilisation humaine.
Utilisation des données climatiques dans la prise de décision :
Les informations climatiques ont directement influencé le choix des espèces végétales afin de s’assurer que la végétation reflète non seulement l’écosystème environnant, mais s’adapte également aux conditions climatiques anticipées. Une sélection d’espèces végétales indigènes et adaptées au climat a été privilégiée afin de favoriser la résilience à long terme. Des décisions spécifiques ont également été prises en matière de plantation et de nivellement afin d’imiter le terrain naturel et de reproduire l’écosystème forestier environnant et les changements attendus dans les conditions climatiques futures. La modélisation des déplacements de la faune et les données historiques sur les migrations ont été utilisées pour déterminer l’emplacement de l’écopont. Outre les normes provinciales et la réglementation en matière de transport, les statistiques fournies par le gouvernement provincial ont également influencé les décisions quant à la conception de cette infrastructure.
D’un point de vue technique, l’accent a été mis davantage sur la durabilité structurelle, la longévité et la performance des matériaux dans le temps, que sur les projections climatiques. Compte tenu du carbone déjà incorporé dans la structure, des décisions structurelles délibérées ont été prises pour prolonger la durée de vie de l’écopont afin d’éviter sa reconstruction. Il s’agissait pour les concepteurs d’une stratégie clé pour favoriser la résilience climatique. L’attention portée au renforcement des matériaux et à l’utilisation de béton et d’acier de grande qualité pour améliorer la durabilité et la rentabilité, ainsi que la vision à long terme requise pour atteindre cet objectif de résilience ont été au cœur du projet.