Agriclimat

Initiée en 2017, Agriclimat est une démarche des producteurs agricoles du Québec dans le but de mieux comprendre les impacts des changements climatiques en agriculture et de s’y adapter.

Coordonné par le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ) en collaboration avec les fédérations régionales de l’Union des producteurs agricoles (UPA) et VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles le projet Agriclimat regroupe des agriculteurs et d’autres acteurs du milieu agricole dans toutes les régions agricoles de la province pour élaborer des plans d’adaptation aux changements climatiques.

Avec ses partenaires, Agriclimat a développé un diagnostic de lutte contre les changements climatiques à l’échelle de la ferme. Cette démarche comporte deux grands volets : l’adaptation aux changements climatiques et l’amélioration du bilan carbone. Pour y arriver, producteurs, conseillers et chercheurs ont mis en commun leurs connaissances afin de déterminer les impacts actuels et futurs des changements climatiques sur l’agriculture locale. Cette démarche a aussi été une opportunité de faire état des enjeux agricoles collectifs et de proposer des mesures d’adaptation à adopter.

Au total, près de 4 000 personnes ont participé aux activités de la première phase d’Agriclimat entre 2017 et 2020, dont 50 % étaient des producteurs agricoles. Le bilan de ces connaissances est disponible pour chaque région sous forme de :

  • fiches de sensibilisation par type de production
  • plans d’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques. La deuxième phase d’Agriclimat (présentement en cours) vise à outiller les producteurs agricoles et les conseillers pour élaborer des plans d’action concrets offrant des mesures à mettre en place à la ferme, incluant l’amélioration du bilan carbone par la réduction des émissions de GES et par la séquestration carbone dans les sols.

Comprendre et évaluer les impacts

Les projections climatiques au Canada prévoient plusieurs changements risquant d’affecter de manière importante le secteur agricole, telle que l’augmentation de la fréquence des épisodes de températures élevées et de périodes sans pluie. Le besoin de mieux cibler les menaces du climat futur sur les diverses productions agricoles a mené les producteurs à amorcer une démarche d’adaptation des fermes du Québec. L’objectif fondamental de cette démerchae est de renforcer la capacité des fermes à s’adapter aux nouvelles réalités climatiques afin d’assurer la sécurité alimentaire, la santé financière des fermes et la qualité de l’environnement.

Dès 2017, le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec a mis sur pied Agriclimat, une démarche d’adaptation des fermes du Québec afin de lutter contre les changements climatiques et d’augmenter la résilience des agroécosystèmes. Financé par les gouvernements provincial et fédéral, et appuyé par Ouranos, divers acteurs de la recherche ainsi que du secteur des services-conseils agricoles, Agriclimat est maintenant actif dans toutes les régions agricoles de la province.

Concrètement, les objectifs du projet Agriclimat sont :

  • Sensibiliser les producteurs et productrices agricoles ainsi que les intervenants du secteur agricole aux enjeux des changements climatiques
  • Permettre aux producteurs et productrices agricoles ainsi qu’aux intervenants de s’approprier les connaissances liées aux scénarios climatiques de leur région
  • Rassembler et vulgariser les informations actuelles sous forme de fiches, formations et conférences ;
  • Collaborer avec les groupes de travail régionaux pour cerner les enjeux en lien avec la lutte contre les changements climatiques et analyser les pistes d’action ;
  • Créer et rendre accessible un diagnostic de lutte contre les changements climatiques incluant l’adaptation au climat futur et l’amélioration du bilan carbone.

La première phase du projet (2017-2020) visait à évaluer à l’échelle régionale les risques climatiques ainsi que les vulnérabilités des productions agricoles envers ceux-ci. Les projections climatiques pour chaque région ont été produites par le Ouranos, consortium en climatologie. Les projections ont été réalisées spécifiquement sur les facteurs climatiques affectant le plus la production agricole à un horizon 2050. Par la suite, dans un mode de co-construction avec les acteurs agricoles, les impacts des scénarios climatiques sur les principales productions agricoles ont été évalués. Des échanges et analyses ont été réalisés par l’entremise de groupes de travail régionaux composés de producteurs et productrices agricoles ainsi que d’intervenants du milieu. Ces groupes de travail ont le mandat d’identifier les enjeux, menaces et opportunités ainsi que les mesures d’adaptation à mettre en place dans leur région.

Pour chaque région, un tandem d’animateurs est formé d’une ressource de la fédération régionale de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA) régionale et d’un agronome d’un club-conseil en agroenvironnement. Des activités de formation ont été offertes à ces professionnels afin de les outiller pour mener à bien la démarche et demeurer des ressources disponible pour leur région.

Déterminer les actions

Les plans d’adaptation produits dans la première phase ont permis d’établir les grands enjeux climatiques spécifiques aux différents secteurs agricoles de chaque région. Ceux-ci ont été publiés et sont maintenant repris dans la deuxième phase du projet visant à développer des actions concrètes adaptées au contexte local. Cette phase doit se dérouler de 2021 à 2024 grâce au soutien du programme Action-Climat Québec du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). L’objectif de cette phase est de proposer des initiatives et actions concrètes à expérimenter, entre autres par des projets-pilotes au niveau de la ferme afin mieux orienter le processus d’adaptation et, ultimement, produire un plan d’action spécifique à toutes les régions de la province et chaque type de production. Par ailleurs, cette deuxième phase vise aussi à intégrer la lutte aux changements climatiques, par la participation au développement d’une plateforme de suivi des émissions de GES spécifique au secteur agricole avec Ouranos, incluant les effets de la captation carbone. Cette plateforme permet de modéliser différents scénarios de d’impact climatique et d’émissions de GES, à l’échelle très précise de la ferme.

La mise en œuvre des tests et projets-pilotes suit des étapes spécifiques. Pour chaque ferme participante, les risques sont priorisés en fonction de la modélisation climatique au niveau de la ferme et des pistes d’actions sont discutées et sélectionnées avec l’aide du conseiller du club d’agro-conseil local. Agriclimat offre un soutien en continu pendant ce processus si nécessaire. En parallèle, un bilan carbone est réalisé afin d’entamé une discussion sur les émissions de la ferme en question. Finalement, les actions apportant des co-bénéfices a la fois en atténuation et en adaptation sont priorisées dans les initiatives a mettre en œuvre dans l’entreprise agricole.

Mise en oeuvre

La mise en œuvre de projets collectifs visant l’adaptation de l’agriculture se réalise par les fédérations régionales de l’UPA, par les diverses organisations présentes dans chaque région et par l’offre de programmes provinciaux adaptés aux besoins du monde agricole. De plus, les acteurs municipaux s’en inspirent pour adapter leur planification territoriale et pour ajuster leurs interactions avec le milieu agricole.

Le diagnostic de lutte contre les changements climatiques mène à l’élaboration d’un plan d’action spécifique pour chaque entreprise agricole. Certaines actions sont mises en œuvre grâce au soutien du conseil direct de l’entreprise. Pour d’autres actions, divers spécialistes (par exemple en irrigation, en gestion de l’ambiance des bâtiments d’élevage et de nutritionnistes) doivent être mis à contribution pour bien épauler le producteur dans les choix qui s’offrent à lui. Les programmes de financement provinciaux et fédéraux permettent de couvrir certaines actions, mais certaines demeurent moins bien connues et ne bénéficient pas de soutien spécifique.

L’objectif ultime de cette démarche est d’assurer une production continue des connaissances en matière d’adaptation des entreprises agricoles et d’amélioration de leur bilan carbone avec l’étroite collaboration des producteurs, des conseillers et des chercheurs.

Résultats et suivi des progrès

L’ensemble des réflexions et analyses réalisées ont permis de produire les plans régionaux d’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques ainsi que des fiches régionales de sensibilisation où sont abordés, par production agricole, les principaux changements attendus, les menaces sur la production ainsi que les manières de s’y adapter. Ces documents demeurent forts utilisés pour les producteurs, conseillers et intervenants du monde agricole.

Les groupes de travail régionaux mis en place dès 2017 poursuivent et approfondissent leurs mandats. Ces groupes traitent de l’évolution des projets collectifs d’adaptation, mais sont également au cœur de la réflexion pour déterminer les manières de faciliter l’adoption des pratiques agricoles permettant de réduire les émissions de GES et de favoriser la séquestration du carbone dans les entreprises de leur région.
Les résultats issus des diagnostics des fermes pilotes sont partagés au sein des régions et des filières de production afin de former et sensibiliser les producteurs, les conseillers et les divers intervenants sur les enjeux auxquels font face les producteurs pour lutter contre les changements climatiques.

Agriclimat a développé une offre de services pour la formation des conseillers agricoles et des producteurs. Les conseillers qui souhaitent offrir le service de diagnostic de lutte contre les changements climatiques sont donc formés et soutenus par l’équipe d’Agriclimat. Reconnu pour sa rigueur scientifique, le diagnostic Agriclimat permet de déterminer des pistes d’action concrètes pour le producteur afin de lutter efficacement contre les changements climatiques.

Prochaine(s) étape(s)

Le CDAQ soutient Agriclimat dans son développement et assure le maintien de l’offre de service actuel. Dès 2024, les conseillers agricoles pourront, suite à une formation d’Agriclimat, réaliser des diagnostics de lutte contre les changements climatiques pour leur réseau de producteurs agricoles. Agriclimat demeurera l’utilisateur de la plateforme PAVICS d’Ouranos et sera responsable de la validation de l’analyse de l’adaptation de l’entreprise ainsi que du bilan carbone, le tout dans une perspective de cohérence et de rigueur scientifique.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète

Ressources supplémentaires :