Adaptation aux changements climatiques : Bilan de la situation et recommandations pour le secteur de l’électricité au Canada

Depuis 2014, l’Association canadienne de l’électricité (ACÉ), avec le soutien de Ressources naturelles Canada (RNCan) et la participation continue des entreprises d’électricité membres de l’ACÉ, a entamé la première discussion au niveau national sur l’adaptation aux changements climatiques liée à la production, au transport et à la distribution d’électricité. Le secteur canadien de l’électricité est en voie de dépenser environ 350 milliards de dollars entre 2010 et 2030 pour renouveler ou remplacer les infrastructures vieillissantes, avec des projets d’investissement massifs en cours ou prévus dans toutes les régions du Canada. L’infrastructure électrique subit déjà toute une série d’impacts mineurs et majeurs en raison des changements climatiques, et ceux-ci qui risquent de s’accentuer. Les considérations relatives à l’adaptation au climat doivent donc être prises en compte dans ce processus de renouvellement des infrastructures. Pour le secteur de l’électricité, les changements climatiques peuvent augmenter les coûts à toutes les étapes de la chaîne de valeur. Les coûts peuvent augmenter en raison d’infrastructures endommagées, de primes d’assurance plus élevées, de contraintes liées à l’eau, d’obligations réglementaires accrues et de responsabilités juridiques. De même, les revenus peuvent diminuer en raison de l’augmentation de la fréquence ou de la durée des pannes, de la réduction de la disponibilité de l’approvisionnement (en particulier l’hydroélectricité) et de la diminution de l’efficacité des infrastructures. Les impacts climatiques pour le secteur de l’électricité, y compris les risques et les possibilités, peuvent être inventoriés dans trois domaines : la demande d’électricité, la production d’électricité, et la transmission, la distribution et l’infrastructure de l’électricité. Si l’augmentation de la demande d’électricité des États-Unis et les changements dans la disponibilité de l’eau peuvent offrir des possibilités, les changements climatiques présentent un risque considérable pour la fiabilité du service. À ce titre, l’ACÉ et ses membres proposent une série de mesures d’adaptation recommandées aux gouvernements, aux régulateurs, aux entreprises d’électricité, aux gestionnaires de réseaux, aux consommateurs d’électricité et aux citoyens.

Comprendre et évaluer les impacts

L’infrastructure électrique subit déjà toute une série d’impacts mineurs et majeurs en raison des changements climatiques, et ceux-ci qui risquent de s’accentuer. L’analyse des données du modèle climatique réalisée par Ouranos pour ce rapport se concentre sur les changements potentiels de la température et des précipitations moyennes pour la période de 2041 à 2070, par rapport aux données de 1976 à 2005. Selon divers résultats de modélisation, les températures annuelles moyennes augmenteront de 2,0 à 3,5 degrés Celsius dans les régions méridionales du Canada. Selon certaines hypothèses de modélisation, les saisons du printemps et de l’automne connaîtront une augmentation des précipitations de 5 à 15 % dans tout le pays. Il y aura également une augmentation considérable des précipitations hivernales moyennes dans tout le pays, certaines régions étant plus fortement touchées que d’autres. En outre, la littérature scientifique actuelle sur les événements extrêmes souligne la fréquence et l’ampleur croissantes des journées chaudes et des vagues de chaleur, la fréquence accrue des précipitations extrêmes et les changements potentiels en matière de sécheresse (réduction de l’aridité en hiver, augmentation de l’aridité en été).
Pour le secteur de l’électricité, les changements climatiques peuvent augmenter les coûts à toutes les étapes de la chaîne de valeur : extraction, traitement, production, transport et distribution. Les coûts peuvent augmenter en raison d’infrastructures endommagées, de primes d’assurance plus élevées, de contraintes liées à l’eau, d’obligations réglementaires accrues et de responsabilités juridiques. De même, les revenus peuvent diminuer en raison de l’augmentation de la fréquence ou de la durée des pannes, de la réduction de la disponibilité de l’approvisionnement (en particulier l’hydroélectricité) et de la diminution de l’efficacité des infrastructures. Des mesures d’adaptation peuvent contribuer à éviter ces coûts accrus et ces revenus réduits. Certaines mesures d’adaptation auront des coûts de mise en œuvre, mais ils seront inférieurs aux coûts qu’entraînerait l’inaction.

Déterminer les actions

Ce rapport constitue la première discussion au niveau national sur l’adaptation aux changements climatiques liée à la production, au transport et à la distribution d’électricité.
Ce rapport fait état de trois objectifs principaux :

  1. Communiquer l’importance de l’adaptation aux changements climatiques en tant que question essentielle pour le secteur de l’électricité.
  2. Fournir une compréhension préliminaire de base des perspectives et pratiques actuelles en matière d’adaptation dans le secteur de l’électricité.
  3. Proposer des recommandations clés sur la manière d’améliorer l’adaptation aux changements climatiques dans le secteur de l’électricité, notamment (mais pas exclusivement) en ce qui concerne la planification des investissements.

Le rapport combine des données qualitatives et quantitatives et est organisé en chapitres couvrant les informations suivantes :

  •  Le chapitre II traite de la température et des précipitations, deux paramètres des changements climatiques, et résume la littérature scientifique traitant des projections relatives aux événements extrêmes au Canada.
  • Le chapitre III traite des risques et des possibilités liés aux changements climatiques pour le secteur de l’électricité
  • Le chapitre IV présente les résultats d’une enquête menée auprès des membres de l’ACÉ sur l’adaptation et l’électricité
  • Le chapitre V rassemble les principaux thèmes des chapitres II à IV et propose des recommandations en matière d’adaptation aux changements climatiques à l’intention du secteur de l’électricité et des autres intervenants, et met en évidence les prochaines étapes immédiates pour le Groupe de travail sur l’adaptation de l’ACÉ de 2016.

Le public visé par ces objectifs comprend les services publics et l’ensemble des intervenants du secteur de l’électricité, notamment les gouvernements, les régulateurs, les entreprises d’électricité, les gestionnaires de réseaux, les consommateurs d’électricité et les citoyens.

Mise en œuvre

Les mesures d’adaptation recommandées sont fournies au chapitre V du rapport et sont présentées par type d’intervenants. Les exemples de mesures comprennent, mais ne sont pas limités à :

  • Gouvernement fédéral – Améliorer la compréhension nationale : Le gouvernement fédéral devrait fournir une voix stratégique pour favoriser une meilleure connaissance du climat parmi les citoyens, les secteurs industriels et les régions.
  • Gouvernements provinciaux et territoriaux – Mettre à jour les cartes de plaines inondables : pour contribuer à réduire les risques liés aux précipitations extrêmes, les gouvernements provinciaux devraient produire des cartes de plaines inondables à jour. Ces cartes pourraient servir de base aux plans de localisation et de construction de nouvelles infrastructures et de logements, ainsi qu’à l’amélioration des mesures d’adaptation des sites existants.
  • Municipalités – Continuer d’adopter des mesures globales en matière d’efficacité énergétique : les villes sont particulièrement vulnérables aux hausses de températures, qui sont exacerbées par l’effet d’îlot de chaleur urbain. Toutes les villes devraient inclure des mesures globales d’efficacité énergétique dans leurs plans d’adaptation.
  • Exploitants de systèmes – Intégrer des scénarios climatiques dans les prévisions de charge : les exploitants de systèmes doivent prendre en compte les sensibilités climatiques et leur impact potentiel sur la demande future. Ils pourraient collaborer avec des modélisateurs climatiques pour intégrer les considérations relatives aux changements climatiques dans la détermination des futures marges de réserve appropriées.
  • Entreprises d’électricité – Partager des pratiques exemplaires en matière d’adaptation au climat, y compris des modèles et des méthodes
  • Organismes de réglementation de l’électricité – Encourager la collaboration pour faciliter les solutions rentables
  • Clients et citoyens – Contribuer à la gestion de la demande : en réduisant les charges aux heures de pointe et pendant les événements climatiques extrêmes, la gestion de la demande peut aider les fournisseurs d’électricité à maintenir la fiabilité du réseau dans les scénarios climatiques actuels et futurs. Les fournisseurs d’électricité peuvent renforcer le rôle des consommateurs sur le marché de l’électricité en les incitant à utiliser l’électricité lorsqu’elle est la moins chère et la plus abondante.

Résultats et suivi des progrès

Ce rapport constitue la première discussion au niveau national sur l’adaptation aux changements climatiques pour le secteur de l’électricité au Canada. Il a tenté de remplir trois objectifs : communiquer l’importance de l’adaptation aux changements climatiques pour le secteur de l’électricité; fournir une compréhension préliminaire des perspectives et des mesures d’adaptation actuelles dans le secteur; et proposer des recommandations clés aux intervenants. Trois grandes conclusions en découlent.

  1. L’éventail des mesures requises pour s’adapter aux scénarios climatiques futurs ne se limite pas au secteur de l’électricité. Comme les problèmes touchent tous les secteurs et toutes les régions du monde, les solutions doivent être tout aussi transversales et holistiques, et impliquer toute une série d’intervenants. Les gouvernements à tous les niveaux, les exploitants de systèmes, les régulateurs et les clients ont tous un rôle important à jouer.
  2. Il est possible et nécessaire que l’ACÉ et les compagnies d’électricité individuelles élaborent des approches plus programmatiques en matière d’adaptation aux changements climatiques. Il faudra du temps pour y parvenir, car la question est complexe, mais les outils nécessaires pour entamer le processus sont en place.
  3. Les entreprises d’électricité doivent améliorer l’intégration des scénarios des changements climatiques dans la gouvernance d’entreprise, la planification des projets et les pratiques de gestion des risques. L’une des principales priorités du secteur est de veiller à ce que les dépenses d’infrastructure actuelles, qui s’élèvent à 350 milliards de dollars, soient fondées sur un examen et une analyse approfondis des effets potentiels des changements climatiques.

Prochaine(s) étape(s)

Selon l’ACÉ, l’adaptation efficace au climat dans le secteur de l’électricité nécessitera un leadership, des mesures d’adaptation et une coordination entre de multiples groupes d’intervenants, notamment les gouvernements, les régulateurs, les entreprises d’électricité, les gestionnaires de réseau, les consommateurs d’électricité et les citoyens. En outre, tous les intervenants doivent être des acteurs d’un système plus large dans lequel la communication et la collaboration intersectorielles sont essentielles pour une planification et des mesures optimales en réponse aux scénarios climatiques actuels et futurs.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète (en anglais seulement)

Ressources supplémentaires :


Comprendre et évaluer les impacts

L’infrastructure électrique subit déjà toute une série d’impacts mineurs et majeurs en raison des changements climatiques, et ceux-ci qui risquent de s’accentuer. L’analyse des données du modèle climatique réalisée par Ouranos pour ce rapport se concentre sur les changements potentiels de la température et des précipitations moyennes pour la période de 2041 à 2070, par rapport aux données de 1976 à 2005. Selon divers résultats de modélisation, les températures annuelles moyennes augmenteront de 2,0 à 3,5 degrés Celsius dans les régions méridionales du Canada. Selon certaines hypothèses de modélisation, les saisons du printemps et de l’automne connaîtront une augmentation des précipitations de 5 à 15 % dans tout le pays. Il y aura également une augmentation considérable des précipitations hivernales moyennes dans tout le pays, certaines régions étant plus fortement touchées que d’autres. En outre, la littérature scientifique actuelle sur les événements extrêmes souligne la fréquence et l’ampleur croissantes des journées chaudes et des vagues de chaleur, la fréquence accrue des précipitations extrêmes et les changements potentiels en matière de sécheresse (réduction de l’aridité en hiver, augmentation de l’aridité en été).
Pour le secteur de l’électricité, les changements climatiques peuvent augmenter les coûts à toutes les étapes de la chaîne de valeur : extraction, traitement, production, transport et distribution. Les coûts peuvent augmenter en raison d’infrastructures endommagées, de primes d’assurance plus élevées, de contraintes liées à l’eau, d’obligations réglementaires accrues et de responsabilités juridiques. De même, les revenus peuvent diminuer en raison de l’augmentation de la fréquence ou de la durée des pannes, de la réduction de la disponibilité de l’approvisionnement (en particulier l’hydroélectricité) et de la diminution de l’efficacité des infrastructures. Des mesures d’adaptation peuvent contribuer à éviter ces coûts accrus et ces revenus réduits. Certaines mesures d’adaptation auront des coûts de mise en œuvre, mais ils seront inférieurs aux coûts qu’entraînerait l’inaction.

Déterminer les actions

Ce rapport constitue la première discussion au niveau national sur l’adaptation aux changements climatiques liée à la production, au transport et à la distribution d’électricité.
Ce rapport fait état de trois objectifs principaux :

  1. Communiquer l’importance de l’adaptation aux changements climatiques en tant que question essentielle pour le secteur de l’électricité.
  2. Fournir une compréhension préliminaire de base des perspectives et pratiques actuelles en matière d’adaptation dans le secteur de l’électricité.
  3. Proposer des recommandations clés sur la manière d’améliorer l’adaptation aux changements climatiques dans le secteur de l’électricité, notamment (mais pas exclusivement) en ce qui concerne la planification des investissements.

Le rapport combine des données qualitatives et quantitatives et est organisé en chapitres couvrant les informations suivantes :

  •  Le chapitre II traite de la température et des précipitations, deux paramètres des changements climatiques, et résume la littérature scientifique traitant des projections relatives aux événements extrêmes au Canada.
  • Le chapitre III traite des risques et des possibilités liés aux changements climatiques pour le secteur de l’électricité
  • Le chapitre IV présente les résultats d’une enquête menée auprès des membres de l’ACÉ sur l’adaptation et l’électricité
  • Le chapitre V rassemble les principaux thèmes des chapitres II à IV et propose des recommandations en matière d’adaptation aux changements climatiques à l’intention du secteur de l’électricité et des autres intervenants, et met en évidence les prochaines étapes immédiates pour le Groupe de travail sur l’adaptation de l’ACÉ de 2016.

Le public visé par ces objectifs comprend les services publics et l’ensemble des intervenants du secteur de l’électricité, notamment les gouvernements, les régulateurs, les entreprises d’électricité, les gestionnaires de réseaux, les consommateurs d’électricité et les citoyens.

Mise en œuvre

Les mesures d’adaptation recommandées sont fournies au chapitre V du rapport et sont présentées par type d’intervenants. Les exemples de mesures comprennent, mais ne sont pas limités à :

  • Gouvernement fédéral – Améliorer la compréhension nationale : Le gouvernement fédéral devrait fournir une voix stratégique pour favoriser une meilleure connaissance du climat parmi les citoyens, les secteurs industriels et les régions.
  • Gouvernements provinciaux et territoriaux – Mettre à jour les cartes de plaines inondables : pour contribuer à réduire les risques liés aux précipitations extrêmes, les gouvernements provinciaux devraient produire des cartes de plaines inondables à jour. Ces cartes pourraient servir de base aux plans de localisation et de construction de nouvelles infrastructures et de logements, ainsi qu’à l’amélioration des mesures d’adaptation des sites existants.
  • Municipalités – Continuer d’adopter des mesures globales en matière d’efficacité énergétique : les villes sont particulièrement vulnérables aux hausses de températures, qui sont exacerbées par l’effet d’îlot de chaleur urbain. Toutes les villes devraient inclure des mesures globales d’efficacité énergétique dans leurs plans d’adaptation.
  • Exploitants de systèmes – Intégrer des scénarios climatiques dans les prévisions de charge : les exploitants de systèmes doivent prendre en compte les sensibilités climatiques et leur impact potentiel sur la demande future. Ils pourraient collaborer avec des modélisateurs climatiques pour intégrer les considérations relatives aux changements climatiques dans la détermination des futures marges de réserve appropriées.
  • Entreprises d’électricité – Partager des pratiques exemplaires en matière d’adaptation au climat, y compris des modèles et des méthodes
  • Organismes de réglementation de l’électricité – Encourager la collaboration pour faciliter les solutions rentables
  • Clients et citoyens – Contribuer à la gestion de la demande : en réduisant les charges aux heures de pointe et pendant les événements climatiques extrêmes, la gestion de la demande peut aider les fournisseurs d’électricité à maintenir la fiabilité du réseau dans les scénarios climatiques actuels et futurs. Les fournisseurs d’électricité peuvent renforcer le rôle des consommateurs sur le marché de l’électricité en les incitant à utiliser l’électricité lorsqu’elle est la moins chère et la plus abondante.

Résultats et suivi des progrès

Ce rapport constitue la première discussion au niveau national sur l’adaptation aux changements climatiques pour le secteur de l’électricité au Canada. Il a tenté de remplir trois objectifs : communiquer l’importance de l’adaptation aux changements climatiques pour le secteur de l’électricité; fournir une compréhension préliminaire des perspectives et des mesures d’adaptation actuelles dans le secteur; et proposer des recommandations clés aux intervenants. Trois grandes conclusions en découlent.

  1. L’éventail des mesures requises pour s’adapter aux scénarios climatiques futurs ne se limite pas au secteur de l’électricité. Comme les problèmes touchent tous les secteurs et toutes les régions du monde, les solutions doivent être tout aussi transversales et holistiques, et impliquer toute une série d’intervenants. Les gouvernements à tous les niveaux, les exploitants de systèmes, les régulateurs et les clients ont tous un rôle important à jouer.
  2. Il est possible et nécessaire que l’ACÉ et les compagnies d’électricité individuelles élaborent des approches plus programmatiques en matière d’adaptation aux changements climatiques. Il faudra du temps pour y parvenir, car la question est complexe, mais les outils nécessaires pour entamer le processus sont en place.
  3. Les entreprises d’électricité doivent améliorer l’intégration des scénarios des changements climatiques dans la gouvernance d’entreprise, la planification des projets et les pratiques de gestion des risques. L’une des principales priorités du secteur est de veiller à ce que les dépenses d’infrastructure actuelles, qui s’élèvent à 350 milliards de dollars, soient fondées sur un examen et une analyse approfondis des effets potentiels des changements climatiques.

Prochaine(s) étape(s)

Selon l’ACÉ, l’adaptation efficace au climat dans le secteur de l’électricité nécessitera un leadership, des mesures d’adaptation et une coordination entre de multiples groupes d’intervenants, notamment les gouvernements, les régulateurs, les entreprises d’électricité, les gestionnaires de réseau, les consommateurs d’électricité et les citoyens. En outre, tous les intervenants doivent être des acteurs d’un système plus large dans lequel la communication et la collaboration intersectorielles sont essentielles pour une planification et des mesures optimales en réponse aux scénarios climatiques actuels et futurs.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète (en anglais seulement)

Ressources supplémentaires :