Stratégie d’adaptation aux changements climatiques : mise à jour et plan d’action de 2018

Il s’agit de la deuxième version de la Stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques, qui a pour but de préparer Vancouver, la troisième plus grande ville du Canada, aux chocs et aux tensions associés à la nouvelle normale climatique. Une planification proactive des changements permet d’élargir la gamme des options de mise en œuvre, en tirant parti des possibilités offertes et en réduisant les coûts. La Stratégie s’appuie sur une diversité de stratégies et d’efforts existants à l’échelle de la ville et de la collectivité, qui visent à renforcer la résilience globale de la ville aux chocs et aux tensions. La Stratégie de 2018 comprend un nouvel ensemble de priorités, des mesures de soutien et plusieurs nouveaux domaines d’intervention. Dans cette version, les mesures sont divisées en mesures de base et en mesures habilitantes. La Stratégie se compose de cinq domaines de mesures de base et de dix-sept mesures habilitantes qui répondent à des efforts d’adaptation jusqu’à la prochaine mise à jour : infrastructures résistantes au climat, bâtiments résistants au climat, aires naturelles et espaces verts sains et vigoureux, collectivités connectées et préparées, préparation des côtes.

Comprendre et évaluer les impacts

La Ville de Vancouver a examiné les impacts et l’évaluation des risques de 2012 en se basant sur les nouvelles projections climatiques et sur les phénomènes et impacts observés. Sur la base des nouvelles projections climatiques, un résumé des impacts/risques climatiques est fourni et réparti entre les systèmes humains, naturels et de l’environnement bâti. Les principaux impacts climatiques touchant la ville sont des étés plus chauds et plus secs (y compris une fréquence et une intensité plus élevées de vagues de chaleur), des hivers plus chauds et plus humides (y compris une fréquence et une intensité plus élevées de pluies et de tempêtes), une élévation du niveau de la mer et une augmentation générale des phénomènes dangereux extrêmes liés au climat. Ensemble, ces impacts ont des répercussions sur les systèmes humains, naturels et de l’environnement bâti. Ainsi, des étés plus chauds et plus secs devraient augmenter les risques pour la santé et la sécurité associés aux phénomènes de chaleur accablante et de qualité de l’air, créer des pénuries d’eau à la fin de l’été et diminuer le confort thermique des bâtiments en été en raison du manque de climatisation (systèmes humains); augmenter la perte d’arbres attribuable à la sécheresse, causer un changement dans la composition des espèces et la structure des écosystèmes, et avoir des impacts sur la qualité de l’eau qui est affectée par la hausse des températures (systèmes naturels); et, les bâtiments nouveaux et existants peuvent être mal adaptés, à mesure que le climat change sur le plan du confort thermique, de l’infiltration d’eau, de la durabilité du vent, de la charge de la pluie sur la neige, etc., et causer une tension croissante sur les infrastructures vertes en été (environnement bâti). Des impacts supplémentaires sont inclus pour chaque risque/facteur climatique.

Déterminer les actions

La Stratégie s’appuie sur un éventail de stratégies et de plans municipaux et communautaires existants qui visent à renforcer la résilience globale de la collectivité aux chocs et aux tensions, et à remédier aux inégalités et aux vulnérabilités systémiques qui mettent en péril cette résilience. La Stratégie d’adaptation est intrinsèquement liée à un ensemble de programmes et de plans qui existent ou sont en cours d’élaboration. La gouvernance soutenant l’institutionnalisation de l’adaptation aux changements climatiques garantira qu’elle est intégrée comme une considération fondamentale et qu’elle est intégrée dans tous les plans. Afin de réviser et d’actualiser le plan, deux phases de travaux ont été menées : révision et analyse des lacunes, et nouveau plan d’action. La phase de révision a consisté à passer en revue les pratiques d’adaptation exemplaires à l’échelle mondiale, à parler avec des collègues internationaux et à relever les domaines dans lesquels la Ville pourrait renforcer son approche. Une fois ces lacunes repérées, des entretiens ont été menés avec le personnel afin d’élaborer des mesures pour les combler. Étapes de l’élaboration de la Stratégie : 1. Le Pacific Climate Impacts Consortium de l’Université de Victoria a utilisé des modèles climatiques pour reconnaître des changements climatiques régionaux prévus. Les impacts de ces changements anticipés ont été relevés dans toute la ville. 2. Des évaluations de la vulnérabilité et des risques ont été réalisées afin de classer les impacts par ordre de priorité. 3. Des ateliers ont été créés afin de donner des idées spontanées de mesures d’adaptation à prendre pour se préparer ou réagir aux impacts. 4. Les mesures d’adaptation ont été évaluées, examinées par rapport à la planification des capitaux et des opérations et classées par ordre de priorité. Les mesures sont divisées en mesures de base et en mesures habilitantes. Les mesures de base sont alignées sur « ce qui » est fait, tandis que les mesures habilitantes se concentrent sur « comment » les choses sont faites – en intégrant ou en institutionnalisant l’adaptation.

Mise en œuvre

La Stratégie d’adaptation de 2012 est responsable ou est devenue le principal facteur de la mise en œuvre de plus de 50 mesures dans toute la ville, augmentant ainsi la préparation de la Ville aux changements climatiques. Au-delà des mesures spécifiques à la Stratégie, la prise en compte de l’adaptation aux changements climatiques a été intégrée dans divers projets allant des détails techniques de la conception de nouveaux quais aux principes de résilience climatique dans les plans communautaires. Lentement mais sûrement, au cours des six dernières années, les connaissances et les capacités à inclure l’adaptation dans le travail quotidien (intégration) se sont accrues, mais il reste encore beaucoup à faire. La Stratégie met en évidence quelques mesures qui ont été mises en œuvre à partir du plan de 2012, notamment l’évaluation des risques d’inondation côtière, la gestion des eaux de pluie et la Urban Forest Strategy (Stratégie pour la forêt urbaine). L’accent a été mis sur la mise en œuvre de l’évaluation des risques d’inondation côtière en raison de la nécessité de donner la priorité aux mesures concernant l’élévation du niveau de la mer et les inondations côtières, étant donné la proximité de Vancouver par rapport à l’océan. Entre 2012 et 2014, la Ville a entrepris une évaluation de la vulnérabilité qui a permis de relever les zones de danger d’inondation, entre 2014 et 2016, des options préliminaires d’adaptation ont été déterminées pour chaque zone de danger d’inondation, en 2014, un nouveau niveau de construction a été adopté pour la zone de la plaine inondable, entre 2017 et 2019, la ville a entrepris de mobiliser la collectivité sur les options de conception pour les zones les plus à risque, et en 2020 et au-delà, la ville poursuit les conversations de conception concernant l’analyse technique et la faisabilité, la collecte des contributions de la collectivité, et enfin, la mise en œuvre des mesures. Le défi Sea2City Design a été lancé en s’inspirant des exemples de New York et de San Francisco. La Rain City Strategy (Stratégie pour une ville pluviale) et la Stratégie pour la forêt urbaine sont deux autres exemples de mesures du plan de 2012 dont la mise en œuvre a commencé. Les mesures de base du plan de 2018 ont des échéanciers de mise en œuvre jusqu’en 2020, jusqu’en 2023 et en continu. Le plan intègre également des mesures et des indicateurs de surveillance. Au lieu d’être actualisé, le plan sera refait en 2023.

Résultats et suivi des progrès

En ce qui concerne les mesures de gestion des eaux de pluie de 2012 qui ont été mises en œuvre, un des résultats a été l’élaboration d’un Integrated Rainwater Management Plan (Plan de gestion intégrée des eaux de pluie) à l’échelle de la ville avec une optique d’adaptation. Ce travail a eu une influence sur les changements apportés à la conception des égouts de la ville et la formation d’une nouvelle équipe Green Infrastructure (Infrastructures vertes) pour créer et mettre en œuvre la Stratégie pour une ville pluviale. La Stratégie pour une ville pluviale réimagine et transforme la manière dont nous gérons l’eau de pluie dans le but d’améliorer la qualité de l’eau, la résilience et l’habitabilité, en créant des écosystèmes urbains sains. La stratégie mettra en œuvre une gestion durable de l’eau de pluie dans toute la ville, avec pour but d’utiliser l’eau de pluie comme une ressource plutôt que comme un déchet. Les résultats spécifiques à la Stratégie pour une ville pluviale comprennent les suivants :

  • Vancouver a été l’une des premières municipalités à intégrer des projections de changements climatiques dans les courbes d’intensité, de durée et de fréquence utilisées pour concevoir les systèmes de gestion des eaux pluviales.
  • En octobre 2017, Vancouver a lancé le programme Adopt a Catch Basin (Adopter un bassin collecteur) pour permettre aux habitants de Vancouver de donner un nom à un ou plusieurs des 45 000 bassins collecteurs de la ville et de s’engager à les maintenir exempts de feuilles et de débris. Le but était l’adoption de 1 000 bassins collecteurs, ce qui a été réalisé en trois semaines avec le concours de plus de 600 bénévoles.

Un éventail de résultats positifs ont été obtenus, allant d’une évaluation du refroidissement des logements sociaux, à des modifications au règlement sur la préservation des arbres. Une mise à jour a été présentée au conseil municipal en octobre 2020 et un rapport annuel sur les progrès réalisés est prévu. La Ville rend également compte des progrès réalisés en matière d’adaptation dans les rapports financiers, conformément aux lignes directrices du Groupe de travail sur la Climate Related Financial Disclosure (Divulgation financière liée au climat).

Présentation visuelle de la Stratégie pour une ville pluviale

Image d’un projet de gestion durable des eaux de pluie urbaines dans la ville de Vancouver. Le schéma comprend l’incorporation d’un aménagement vert comme moyen non seulement d’embellir le paysage de rue, mais aussi de fournir des objets fonctionnels tels qu’une gestion des eaux de pluie et de petites zones de refuge d’habitat. L’image montre l’intégration de la conception durable avec les mesures d’adaptation aux changements climatiques. Des accents particuliers sont mis sur l’inclusion d’un plus grand nombre d’arbres dans les rues de la ville, de plantes indigènes, de zones pour les pollinisateurs, de jardins pluviaux et sur la création d’espaces communs pour les rassemblements.

Prochaines étapes

La Stratégie de 2018 s’appuie sur des travaux et des mesures d’adaptation existants de la Stratégie de 2012 – en notant que la planification de l’adaptation aux changements climatiques est désormais bien établie à l’échelle de l’administration locale et que le renforcement des capacités et la mise en œuvre sont les prochaines étapes nécessaires. Le plan de 2018 met l’accent sur les mesures habilitantes, car la mise en œuvre de la Stratégie de 2012 a permis d’apprendre qu’il est nécessaire de changer la façon dont les choses sont faites en plus de ce qui est fait, et qu’il faut continuer à apprendre et à collaborer au fil des ans. La communauté de l’adaptation fait de plus en plus référence à une adaptation transformationnelle par rapport à une adaptation progressive. La Stratégie de 2012 comprenait de nombreuses mesures progressives (mieux faire les choses à l’aide de la logique existante), telles que le choix de différentes espèces d’arbres à planter ou la poursuite de la séparation du réseau d’égouts. Une adaptation plus transformationnelle nécessite de recadrer les problèmes et les pratiques pour les comprendre sous un angle nouveau ou différent. Par exemple, en reconsidérant le littoral comme potentiellement dangereux ou en utilisant une optique adaptée à la gestion de l’approvisionnement en eau. Ces changements exigent une modification de notre façon de faire, pour passer d’une culture du travail à un renforcement de capacités. Le personnel municipal a trouvé difficile de surveiller l’adaptation et il vise à améliorer ce travail à l’avenir. La résilience climatique sera incluse en 2021 à la fois dans une nouvelle évaluation des dangers, des risques et de la vulnérabilité et dans le processus de planification du plan de Vancouver.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète (en anglais seulement)

Ressources supplémentaires :