Plan d’action express sur la résilience aux changements climatiques de la ville d’Okotoks

En 2017, la ville d’Okotoks a préparé un plan d’action visant à contribuer à la gestion des risques et des possibilités potentiellement importants qui devraient découler des changements climatiques au cours des prochaines décennies, notamment une pénurie d’eau, de la sécheresse et l’inondation de cours d’eau. Okotoks, en Alberta, est une petite municipalité au premier plan des changements climatiques. Okotoks a décidé d’accroître sa résilience aux changements climatiques en élaborant un plan d’action qui comprend des mesures pour gérer trois risques et possibilités prioritaires que devraient engendrer les changements climatiques dans la région jusqu’aux années 2050 : la pénurie d’eau, la sécheresse et l’inondation de cours d’eau. Des plans d’action initiaux ont été élaborés pour chacune de ces trois priorités, y compris une liste de mesures, les coûts connexes, le calendrier et le service responsable. Il a été recommandé que le personnel de la ville établisse des priorités à partir des mesures mentionnées et commence la mise en œuvre dès que possible. Grâce à la préparation de ce plan d’action, Okotoks prend des mesures en vue d’un avenir sûr, prospère et résilient. Le plan d’action présente plusieurs mesures anticipées pour gérer les risques et les possibilités prioritaires qui devraient découler des changements climatiques dans la région au cours des prochaines décennies.

Comprendre et évaluer les impacts

Les effets des changements climatiques sont déjà visibles à Okotoks, où l’on a pu observer des changements dans la température, les précipitations et les phénomènes météorologiques extrêmes au cours du siècle dernier. La température annuelle moyenne dans la région d’Okotoks a augmenté d’environ 1,4°C depuis le début des années 1900, les mois d’hiver connaissant un réchauffement plus important que les mois d’été. Au cours de la même période, la quantité de précipitations et le moment où elles surviennent dans la région ont également changé. Pour établir le contexte de la planification de mesures de résilience aux changements climatiques à Okotoks, une évaluation des risques et des possibilités a été entreprise lors d’un atelier d’une journée avec les intervenants locaux. Avant l’atelier, la ville d’Okotoks a compilé des projections climatiques pour les années 2050 pour la région d’Okotoks en utilisant des scénarios de maintien du statu quo (RCP 8.5) et d’atténuation robuste (RCP 4.5). Les tendances climatiques historiques à Okotoks étaient recueillies et analysées à partir de quatre stations climatiques de la région (Olds, Calgary, Gleichen et Lethbridge). Ces renseignements ont été présentés et examinés par les intervenants lors de l’atelier afin de déterminer comment les changements climatiques prévus pourraient avoir des répercussions sur Okotoks. Les participants à l’atelier ont cerné une série de répercussions liées au climat sur l’économie, les biens et les infrastructures à l’échelle locale, l’environnement naturel, ainsi que la santé et le mode de vie des résidents. La liste exhaustive a été modifiée pour produire une liste plus restreinte des risques prioritaires les plus importants : pénurie d’eau, sécheresse et inondation des cours d’eau. Une liste des possibilités associées aux changements climatiques pour Okotoks a également été créée. Par exemple, des saisons de croissance plus longues engendreraient des retombées économiques pour les producteurs alimentaires locaux, et des possibilités accrues pour le tourisme et les loisirs hivernaux découlant de la réduction des périodes de froid extrême.

Déterminer les actions

La ville d’Okotoks a utilisé Climate Resilience Express – un processus de sélection de haut niveau (« express ») pour cerner les risques et les possibilités liés aux changements climatiques, les classer par ordre de priorité, et élaborer un plan d’action initial. L’approche globale pour élaborer des plans d’action sur la résilience aux changements climatiques par l’entremise de Climate Resilience Express s’appuie sur les normes actuelles de gestion des risques fondées sur la norme 31000 de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), Management du risque – Lignes directrices. Climate Resilience Express suit un processus itératif en quatre étapes, qui comprend un atelier d’une journée avec les intervenants locaux. Les résultats de l’atelier servent de fondement au présent plan d’action. Au cours de l’atelier, les intervenants ont converti les répercussions précédemment cernées en risques et possibilités et ont élaboré une liste de mesures d’adaptation recommandées. En raison des contraintes de temps de l’atelier d’une journée, la planification des mesures n’a pu être axée que sur un sous-ensemble de trois risques et possibilités prioritaires, choisis par les participants à l’atelier plutôt que sur tous les risques et possibilités prioritaires (pénurie d’eau, sécheresse et inondation des cours d’eau). Pour chacune de ces trois priorités, un plan d’action initial a été créé afin d’établir une liste de mesures d’adaptation potentielles. Cette liste a été examinée pour cerner les trois à cinq mesures les plus prometteuses à inclure dans le plan d’action initial pour chaque risque ou possibilité prioritaire. Afin d’éclairer la prise de décision et de soutenir la mise en œuvre des mesures recommandées, les participants à l’atelier ont également fourni des renseignements sur les coûts de mise en œuvre, le calendrier de mise en œuvre et le service ou l’organisation responsable. Les mesures vont d’une sensibilisation accrue à la conservation de l’eau, à l’amélioration de la protection des zones humides en cas d’inondation des cours d’eau, en passant par une utilisation restreinte de l’eau potable.

Mise en œuvre

Pour éclairer la prise de décision et soutenir la mise en œuvre des mesures d’adaptation recommandées, les participants à l’atelier ont fourni des renseignements sur :

  1. le coût total de la mise en œuvre;
  2. le calendrier de mise en œuvre (c’est-à-dire combien de temps a été nécessaire pour que la mesure soit opérationnelle); et 3) le service ou l’organisation responsable.

Ces trois facteurs ont été des éléments clés à l’élaboration d’une stratégie de mise en œuvre. Une liste de définitions pour le coût total de la mise en œuvre et le calendrier de mise en œuvre a été utilisée pour aider les participants à fournir des approximations. Une liste de mesures recommandées ainsi que des coûts, du calendrier et des responsables connexes a été élaborée pour chacun des risques prioritaires (pénurie d’eau, inondation de cours d’eau et sécheresse). Les mesures d’adaptation recommandées servent d’aide-mémoire. Il a été conseillé au personnel de la ville d’établir des priorités à l’aide des mesures mentionnées et de commencer la mise en œuvre dès que possible. Plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre rapidement moyennant un investissement minimal. D’autres mesures ont un échéancier à plus long terme, nécessitent un niveau d’investissement plus élevé et peuvent nécessiter une stratégie de mise en œuvre plus détaillée avec des budgets et des sources de financement particuliers, des échéances et des jalons pour des activités précises, et des rôles et responsabilités définis pour les intervenants et les groupes particuliers. Les risques et les possibilités prioritaires indiqués dans ce plan d’action, ainsi que les mesures recommandées pour y faire face, sont considérés comme la première étape d’Okotoks en vue d’un avenir résilient aux changements climatiques. Une communication efficace avec le public et les autres intervenants de la communauté sur les répercussions des changements climatiques est considérée comme un élément précieux pour les aider à comprendre la nécessité de certaines mesures. Sensibiliser la communauté, par exemple par l’entremise du site Web de la ville ou lors d’événements publics, peut s’avérer efficace pour atteindre ces deux objectifs : recueillir les commentaires des membres de la communauté sur le contenu du plan d’action et promouvoir les efforts de la ville pour rendre la communauté plus résiliente. Ce plan d’action est élaboré en tant que document « autonome ». Cependant, il est important que la résilience aux changements climatiques soit intégrée (c’est-à-dire qu’on lui accorde une place centrale), de manière systématique, dans les stratégies, plans, politiques, programmes, projets et processus administratifs de la ville.

Résultats et suivi des progrès

En raison des contraintes de temps de l’atelier, les mesures de résilience aux changements climatiques sont nécessairement définies à un niveau général. Lorsque l’on envisage de lancer l’une des mesures cernées, on s’attend à ce qu’elles soient élaborées davantage pour soutenir la prise de décision et permettre la mise en œuvre. Depuis l’élaboration du plan d’action, le programme lié au xéropaysage a été mis en œuvre et a été très populaire en 2020 : 16 résidents ont réaménagé leur jardin avec des plantes et du paillis résistant à la sécheresse. Il s’agit d’une augmentation de la participation de 50 % par rapport à 2019, où 10 résidents avaient participé. En outre, en 2020, 315 ménages ont profité du programme de remise sur l’eau pour les petits projets, les barils de récupération de l’eau de pluie et les contrôles de l’irrigation. Ces programmes sont financés par un système de facturation de la consommation de l’eau à plusieurs niveaux : les clients qui consomment beaucoup d’eau sont facturés un prix plus élevé par mètre cube supplémentaire. Les efforts de sensibilisation environnementale ont également été intégrés à un plus grand nombre de salles de classe, à un plus grand nombre de visites à domicile et à l’application d’un horaire d’arrosage extérieur, qui limite l’arrosage des jardins et des pelouses à deux fois par semaine, tôt le matin ou le soir. Ces mesures ont contribué à prolonger de deux ans l’eau disponible à Okotoks, permettant de gagner plus de temps pour élaborer un autre plan de canalisation d’eau en cours, mais pas encore finalisé.

Prochaines étapes

Toutefois, le renforcement de la résilience aux changements climatiques n’est pas un processus statique, il doit plutôt être surveillé et examiné afin de vérifier les progrès de la mise en œuvre et de tenir compte de l’évolution des connaissances scientifiques sur les répercussions physiques des changements climatiques. La mise en œuvre du présent plan d’action, l’examen des progrès réalisés et la mise à jour du plan pour qu’il reste pertinent sont abordés dans la section 6. Le présent plan d’action recommande d’entreprendre un examen et d’effectuer une mise à jour tous les 5 ans pour s’assurer qu’il reste pertinent et efficace, en tenant compte : des leçons tirées de la mise en œuvre des mesures, des nouvelles données scientifiques sur les projections climatiques et les répercussions correspondantes, et des changements des objectifs et des politiques de la ville. Veiller à ce que le plan d’action demeure pertinent peut ne comporter que quelques ajustements mineurs ou nécessiter de revoir certaines étapes du processus de planification de la résilience aux changements climatiques et de préparer un nouveau plan d’action. Le plan d’action pour le climat, qui intègre des activités d’atténuation et d’adaptation et cherche des synergies pour garantir que les méthodes d’adaptation n’entrent pas en conflit avec les efforts d’atténuation, est en cours d’élaboration et sera soumis au conseil municipal en mars 2021.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète (en anglais seulement)

Ressources supplémentaires :