Outil de priorisation de la plantation d’arbres

Depuis 2007, la Région de Peel en Ontario a commencé à travailler sur un outil qui permet de cibler stratégiquement son travail de plantation d’arbres, et qui constitue un moyen plus efficace de lutter contre les effets des changements climatiques et de l’îlot de chaleur urbain, en particulier pour les citoyens dont le bien-être socio-économique est plus précaire. La Région de Peel est une administration municipale régionale qui a compétence dans la partie ouest de la région du Grand Toronto et qui comprend les collectivités de Mississauga, Brampton et Caledon. Ce travail a été mené en collaboration avec les municipalités locales et les autorités de conservation. Le résultat final a été la production d’un outil SIG qui a permis à la Région de Peel et à ses partenaires de prendre des décisions plus éclairées concernant la plantation d’arbres dans la région, augmentant ainsi les bénéfices pour la santé et le bien-être qu’une telle végétation procure.

Comprendre et évaluer les impacts

Les arbres sont un moyen simple et efficace de lutter contre de nombreux dangers créés ou exacerbés par les changements climatiques. Le plus souvent, ils sont cités comme un moyen efficace de lutter contre l’effet d’îlot de chaleur urbain, mais les arbres offrent également des avantages en termes de réduction de la pollution atmosphérique et du déversement des eaux de pluie, ainsi que d’augmentation de la valeur des propriétés et d’amélioration de la santé mentale. Les taux de mortalité des arbres augmentent malheureusement au fil du temps, car les ravageurs et les maladies comme l’agrile du frêne, combinés aux changements climatiques, endommagent la canopée urbaine. La croissance rapide de la population dans la Région de Peel, et son mode de développement essentiellement suburbain, compliquent davantage le processus de plantation d’arbres, car les pressions du développement menacent les espaces verts historiques qui abritaient une grande partie de la canopée urbaine. De nombreuses zones à faible canopée de la Région abritent également des immigrants récents, des réfugiés récents et des citoyens socialement et économiquement vulnérables. En outre, les administrations municipales doivent dépenser leurs fonds limités pour de nombreuses questions importantes et, par conséquent, les programmes de plantation d’arbres fonctionnent souvent avec des budgets plutôt limités. Cela ajoute une pression supplémentaire pour s’assurer que les programmes de plantation d’arbres existants sont gérés efficacement et qu’ils apportent le plus de bénéfices possible pour les ressources qui y sont investies. C’est cet environnement complexe qui a donné lieu à la demande d’un programme permettant à l’administration régionale de prendre les meilleures décisions possibles en matière de plantation d’arbres.

Déterminer les actions

Dans la région de Peel, la plupart des travaux de plantation et d’entretien de la canopée urbaine sont effectués par les municipalités de Mississauga, Brampton et Caledon. Pour cette raison, la Région de Peel a immédiatement su qu’elle devait travailler en étroite collaboration avec ces entités afin de garantir la réussite de la planification et de la mise en œuvre de son nouveau programme. À partir de 2007, la Région de Peel a commencé à collaborer avec les municipalités susmentionnées ainsi qu’avec deux autorités locales de conservation, l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région (TRCA) et l’organisme Credit Valley Conservation Authority (CVCA). Après quatre ans de collaboration, la Région de Peel a publié en 2011 la stratégie Peel Region Urban Forest Strategy. À la suite de la publication de ce document d’orientation, les fonctionnaires de toutes les entités concernées ont entamé la discussion sur la meilleure façon de mettre en œuvre les plans qui y sont énoncés. Il est vite apparu qu’il fallait un outil de planification scientifique pour aider les responsables de la protection de l’environnement, les planificateurs et les forestiers urbains à maximiser l’efficacité de leurs travaux de plantation d’arbres. Une équipe pluridisciplinaire, composée de professionnels dans les domaines des parcs, de la foresterie, de l’éducation et de la gestion de l’environnement, de la santé publique, de la planification, des transports et des services à la personne, a alors été constituée pour fournir un soutien technique et aider à orienter le développement de l’outil de plantation d’arbres.

Mise en œuvre

L’élaboration de l’outil s’est déroulée en trois étapes. La première étape consistait à effectuer un examen approfondi de la documentation scientifique et à désigner les avantages de la canopée urbaine en termes de durabilité. Les résultats de ce travail ont ensuite été regroupés en huit catégories distinctes d’avantages puis consolidés en trois thèmes de durabilité. La deuxième étape a consisté à déterminer les critères à appliquer aux thèmes de durabilité. Pour cette phase, l’équipe du projet a reconnu les bénéfices cibles potentiels et examiné les ensembles de données à différentes échelles afin de définir spatialement chacune des huit catégories d’avantages. Ce travail a nécessité la détermination de critères précis pour les ensembles de données, comme la localisation de l’étendue spatiale dans laquelle ces bénéfices seraient le mieux réalisés. On a attribué à chaque catégorie un ensemble de 12 bénéfices ciblés. La troisième et dernière étape s’est concentrée sur la création de l’outil SIG lui-même, en intégrant tous les bénéfices reconnus lors des deux étapes précédentes. Ces bénéfices, leur étendue spatiale, la pondération sélective des catégories de bénéfices, et bien d’autres encore, ont tous été intégrés dans le programme aux côtés d’informations géographiques détaillées telles que la couverture terrestre et les zones de plantation possibles. Le résultat final de ce processus est un outil SIG flexible qui permet à l’utilisateur de donner la priorité à la plantation d’arbres selon différentes échelles géographiques, la plus petite échelle disponible étant celle de la zone de diffusion.

Prochaines étapes

Preuve de sa flexibilité, l’outil est utilisé à des fins différentes par les différentes organisations partenaires. Ainsi, la Credit Valley Conservation Authority prévoit utiliser l’outil afin d’orienter les efforts de sensibilisation et de restauration déployés sur les terres publiques et privées dans certaines parties du bassin versant qui demeurent en voie d’aménagement. À l’inverse, la Ville de Caledon a l’intention d’utiliser l’outil pour déterminer les lacunes dans la canopée urbaine des terrains municipaux qui comportent déjà des espaces de plantation et où des activités de plantation pourraient être lancées à court terme.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète

Ressources supplémentaires :