Jardin pluvial du canton de Nipigon

Située dans le canton de Nipigon, en Ontario, cette étude de cas décrit un projet visant à améliorer la gestion des eaux pluviales à l’aide de stratégies d’aménagement à faible incidence (AFI) qui utilisent et imitent l’infrastructure et les processus naturels, notamment grâce à une plantation d’arbres en contenant et à un jardin pluvial. Ce projet a été entrepris par la municipalité dans le cadre du projet du groupe de mise en œuvre collaborative du Canada de l’ICLEI (ICLEI Canada’s Collaborative Implementation Group project) en 2018. Nipigon est vulnérable aux fortes pluies, à la grêle et aux tempêtes de vent, aux températures extrêmement froides et aux vagues de chaleur sévères en raison des changements climatiques. Les travaux relatifs aux égouts pluviaux du projet comprennent l’amélioration de 350 mètres de système de collecte d’égouts pluviaux et de 13 trous d’homme. Le résultat escompté de ce projet est de réduire la pression sur l’infrastructure des eaux pluviales et de démontrer l’efficacité de la méthode d’AFI dans la gestion des eaux pluviales.

Comprendre et évaluer les impacts

Cette étude de cas porte sur les risques et les vulnérabilités liés à la gestion des eaux pluviales dans le canton de Nipigon en raison de l’augmentation des fortes pluies et de la fonte des neiges, qui devraient s’intensifier avec les changements climatiques. Des événements récents tels que les fortes pluies de 2012, les tempêtes de grêle et de vent de 2013, les températures extrêmement froides de 2013, de 2014 et de 2015, et les fortes vagues de chaleur de 2015 ont mis en évidence la nécessité de se préparer et de s’adapter aux changements climatiques. En 2015, le canton de Nipigon a complété un plan directeur des eaux pluviales afin de cerner les possibilités d’amélioration en ce qui concerne la gestion des eaux pluviales. Le Canton est particulièrement intéressé à explorer l’utilisation de stratégies d’AFI qui s’appuient sur l’infrastructure naturelle (par exemple, les sols et les plantes) et les processus naturels (par exemple, la transpiration, la filtration) pour à la fois réduire les pics de ruissellement pendant les épisodes de pluie et de fonte des neiges, et améliorer la qualité des rejets d’eaux pluviales, notamment en réduisant les solides en suspension. Cela permettra de réduire les répercussions négatives du débit des eaux pluviales à son émissaire d’évacuation. L’une des principales intentions de ce projet était d’explorer et de démontrer l’utilité de la méthode d’AFI dans la gestion des eaux pluviales.

Déterminer les actions

L’élaboration du plan directeur des eaux pluviales a orienté l’élaboration de mesures visant à améliorer la gestion des eaux pluviales dans le canton, ainsi que de précédents événements météorologiques extrêmes, qui ont souligné l’importance de la planification et de l’atténuation des répercussions des changements climatiques. Les objectifs principaux de la plantation d’arbres en contenant et du jardin pluvial étaient les suivants : capturer les eaux pluviales qui érodent et détériorent actuellement les accotements et la couche de base; améliorer l’élimination des solides en suspension; réduire le pic de ruissellement/débit; réduire les répercussions négatives du débit des eaux pluviales à son émissaire d’évacuation. L’émissaire est situé sur une berge et se déverse dans un récepteur sensible. Le projet avait fait l’objet de discussions informelles à l’interne avec l’ensemble du personnel à partir de décembre 2016, ainsi que lors d’une réunion du comité des travaux publics avec le maire et le conseil municipal. Les premiers mois de la planification du projet ont été consacrés à l’identification des défis (par exemple, l’acquisition des espèces d’arbres idéales) et à l’identification des possibilités de financement et aux demandes connexes, au début de la conception du jardin pluvial. Une fois le financement obtenu par le biais du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées, l’équipe du projet a continué à améliorer la conception (par exemple, en diminuant sa portée pour s’assurer qu’elle respecte le budget) et a publié une demande de devis, qui, en septembre 2017, avait été attribuée à un entrepreneur local. Cependant, les conditions hivernales ont forcé le report de la construction du jardin pluvial à avril 2018. Malgré ce retard, une partie de l’approvisionnement en matériaux du projet a été réalisée avant la construction.

Mise en œuvre

La mise en œuvre du projet devait commencer en avril 2018, la construction devant être achevée en juin 2018 (la construction devait initialement commencer avant avril 2018, mais les conditions hivernales ont forcé un retard). En 2020, le projet a été entièrement mis en œuvre. Cependant, au début de la construction, il a été déterminé que les plantations d’arbres en contenant ne seraient pas pratiques. En conséquence, le bassin de décantation initial a été agrandi (surface et profondeur) et le jardin pluvial a été allongé.

Résultats et suivi des progrès

Le projet, qui offre plusieurs avantages au canton et à la collectivité, a connu sa première saison complète de service en 2020. En plus des avantages environnementaux et de la réduction de la pression sur l’infrastructure des eaux pluviales, le jardin pluvial contribuera à démontrer l’efficacité de l’AFI dans la gestion des eaux pluviales. Cette étude suggère deux indicateurs primaires afin de mesurer le succès du jardin pluvial. La première consiste à mesurer le total des solides en suspension dans les débits d’eaux pluviales après la fonte des neiges et les événements pluvieux importants en utilisant les valeurs de charge du plan de gestion des eaux pluviales du Canton. Le deuxième indicateur consiste à utiliser les mêmes méthodes d’échantillonnage que ci‑dessus pour mesurer le phosphore total. En 2020, les premières observations indiquent que le bassin de décantation a permis d’éliminer des sédiments comme le sel de voirie et qu’il n’y a pas eu de débit notable en provenance du jardin pluvial en tant que tel. Nipigon envisage également d’installer un enregistreur de données. L’enregistreur de données aidera à surveiller le rabattement et à préparer la procédure opérationnelle normalisée « 48 heures ». Le calendrier du projet a été touché par un retard dans l’annonce du financement du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées. Un autre défi est apparu lorsqu’une deuxième demande de financement (c’est-à-dire le Fonds d’action communautaire pour la protection des Grands Lacs) a été refusée. Étant donné que l’équipe ne pouvait pas publier l’appel d’offres tant que le financement n’était pas assuré, cela a déclenché une série d’événements qui a finalement abouti au report de la construction du projet jusqu’en avril 2018. Au cours de la phase de conception, un deuxième tuyau d’égout pluvial a été découvert en aval du jardin pluvial proposé, qui se raccorde au même émissaire que l’égout pluvial qui recueillera l’effluent du jardin pluvial. L’intervention initiale pour régler ce problème a été l’installation d’une plantation d’arbres en contenant pour accepter les eaux pluviales du second tuyau afin de réduire le débit du second tuyau dans celui associé au jardin pluvial. Cependant, comme nous l’avons déjà mentionné, au début de la construction, il a été déterminé que les plantations d’arbres en contenant ne seraient pas pratiques. En conséquence, le bassin de décantation initial a été agrandi (surface et profondeur) et le jardin pluvial a été allongé. Les difficultés ont été aggravées par l’arrivée précoce de l’hiver, ce qui a retardé les travaux de plantation et de construction.

Prochaine(s) étape(s)

Le Canton a établi un ensemble de recommandations pour l’inspection et l’entretien à long terme. Ces mesures comprennent : balayer les rues au moins une fois après la fonte printanière et une nouvelle fois à l’automne; effectuer une inspection du puisard de prétraitement et des puisards en aval de la sortie du jardin pluvial pour vérifier l’accumulation de sédiments; enlever tout sédiment ou débris du puisard de prétraitement à l’aide d’une pelle; retirer les sédiments du puisard de bassin de rétention en aval lorsqu’il est à moitié plein; surveiller l’accumulation de sédiments dans le jardin pluvial et les retirer au besoin afin de maintenir la capacité de filtration du jardin pluvial; surveiller le jardin pluvial après les événements pluvieux pour s’assurer que l’eau stagnante a disparu dans les 48 heures après les événements. Tous les mois, arracher ou couper les mauvaises herbes et les plantes envahissantes dans le jardin pluvial et remplacer le paillis aux endroits où il s’est appauvri. Tous les mois, ajouter des plantes en fonction des obligations contractuelles. Chaque année, couper et enlever la végétation herbacée du jardin pluvial au début du printemps et ratisser la végétation abattue.

À partir de 2020, le projet est entièrement mis en œuvre et sert de projet de démonstration pouvant être utilisé pour attirer des financements pour d’autres projets d’AFI. L’équipe du projet espère également que le jardin pluvial renforcera le transport actif dans la collectivité en servant de destination pour les membres de la collectivité et les visiteurs.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète (en anglais seulement)