Évaluation de la vulnérabilité de la rive de Kahnawà:ke

Ce rapport, entrepris en 2018, présente une étude d’évaluation de la vulnérabilité de la rive réalisée pour une partie de la rive de Kahnawà:ke sur le fleuve Saint-Laurent, au Québec, par Shoreplan Engineering Limited, pour le compte du Bureau de la protection de l’environnement de Kahnawà:ke (KEPO). L’étude examine les changements climatiques, les processus et les risques d’érosion et d’inondation, les structures de protection de la rive et la planification de la gestion de la rive. Une étude sur le terrain de deux jours a été menée pour évaluer et documenter les conditions dans la zone d’étude. Les travaux d’arpentage et de photographie aérienne ont été réalisés par un sous-traitant. Une évaluation du risque d’érosion relative a été élaborée pour chacun des 44 tronçons de rive inclus dans cette étude. L’évaluation du risque vise à exprimer le degré ou l’ampleur relative de l’érosion attendue dans les années à venir; elle ne tient pas compte des conséquences de cette érosion. La cote de chaque tronçon doit être considérée par rapport aux autres tronçons de la zone d’étude, mais pas par rapport aux autres rives du fleuve Saint-Laurent. La cause la plus importante de l’érosion de la berge située au-dessus de la zone d’étude est imputable à l’action des vagues causées par le vent, en particulier à des niveaux élevés des eaux. Les vagues des navires contribuent à cette érosion, mais à un degré moindre. Les courants du fleuve contribueront également à l’érosion, mais dans une moindre mesure encore, en raison de leur vitesse relativement faible sur cette large section du fleuve. Un examen des projections publiées sur les changements climatiques a montré que l’on prévoyait des températures moyennes plus élevées, des pluies abondantes, des sécheresses et des tempêtes plus destructrices. Chacun de ces phénomènes est susceptible d’avoir une incidence sur les processus d’érosion le long de la rive de Kahnawà:ke, mais ce sont les tempêtes plus fréquentes et plus violentes qui provoqueront la plus forte augmentation de l’érosion de la rive non protégée. Des solutions possibles de prévention et de protection ont été décrites pour un certain nombre de tronçons. L’étude a conclu en soulignant que le plan de gestion de la rive du KEPO devrait inclure des mesures d’adaptation pour faire face à l’impact des changements climatiques.

Comprendre et évaluer les impacts

Le climat a une incidence sur les processus riverains de plusieurs façons. Cette étude de cas utilise les données sur les changements climatiques provenant des projections publiées par la Ville de Montréal dans son Plan d’adaptation aux changements climatiques, qui indique des prévisions de températures moyennes plus élevées, de fortes pluies, de sécheresses et de tempêtes plus destructrices. Des tempêtes plus fréquentes et plus violentes provoqueront la plus forte augmentation de l’érosion de la rive non protégée le long de la rive de Kahnawà:ke. Les impacts potentiels de températures moyennes plus élevées comprennent des hivers plus doux avec des périodes plus courtes de couverture de glace, des cycles de gel-dégel plus fréquents et des changements potentiels des espèces végétales présentes le long de la rive. Des périodes de glace plus courtes augmentent le risque d’érosion en raccourcissant la période pendant laquelle la glace de rive protège la berge et en prolongeant potentiellement la saison de navigation. Les cycles de gel-dégel affaiblissent les sols argileux exposés, ce qui les rend plus facilement érodables. Les plantes riveraines renforcent le sol grâce à leurs racines, de sorte que les changements apportés à ces espèces pourraient avoir un impact sur les taux d’érosion. Les fortes pluies produisent un ruissellement de surface lorsque le temps est insuffisant pour que l’eau puisse être absorbée par la terre. Le ruissellement de surface contribue fréquemment à l’érosion de la crête des berges riveraines, et les berges saturées sont plus sujettes à un glissement de pente. Au cours de notre étude sur le terrain, nous n’avons pas observé d’escarpements d’érosion que nous pensions être causés par du ruissellement de surface, de sorte qu’il n’est pas confirmé qu’il s’agit d’un problème le long de la rive de Kahnawà:ke, mais ce pourrait l’être. Les changements des niveaux d’eau et de la fréquence/durée des tempêtes sont potentiellement les paramètres de changements climatiques les plus importants pour la rive de Kahnawà:ke.

Cette étude de cas entreprend une évaluation des dangers d’érosion. Une évaluation du risque d’érosion relative a été élaborée pour chacun des 44 tronçons riverains. Cette évaluation a pour but d’indiquer le risque ou la probabilité d’une érosion au cours des prochaines années. Elle repose sur une évaluation qualitative des indicateurs d’érosion.

Déterminer les actions

Un plan de gestion riveraine fournit un contexte à partir duquel les décisions de gestion concernant l’aménagement riverain sont prises. Cette étude de cas décrit les principes clés de la planification de la gestion riveraine, qui vise à fournir au KEPO les informations dont il a besoin pour faire avancer ses propres processus de planification. Elle s’appuie sur le cadre de la province de l’Ontario pour la planification de la gestion riveraine des Grands Lacs. Le processus comporte six grands volets : i. Prévention ii. Protection iii. Intervention en cas d’urgence iv. Environnement v. Information du public vi. Surveillance.

La façon dont certains de ces éléments sont considérés a évolué au fil de la pratique. En ce qui concerne la rive de Kahnawà:ke, le rôle de ces éléments est le suivant. La prévention est considérée comme la mise en œuvre de contrôles, de règlements, et d’utilisations des terres pour éviter le risque d’inondation ou d’érosion. La protection est considérée comme la mise en œuvre de grands travaux pour un aménagement nouveau ou existant. Elle comprend à la fois des méthodes structurelles telles que la construction de revêtements ou l’imperméabilisation d’une habitation en scellant toutes les ouvertures en dessous d’un niveau donné, et des méthodes non structurelles telles que la végétation riveraine ou le remblai de sable. Le volet Intervention en cas d’urgence comprend l’examen des mesures existantes d’alerte et de prévision des inondations et des tempêtes et la recommandation d’améliorations si nécessaire. Le volet Environnement d’un plan comprend une évaluation préliminaire des effets potentiels à court et long terme sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. L’objectif du volet Information du public concerne la diffusion d’informations sur le plan et l’éducation du public concernant la gestion riveraine en général. Un plan d’information du public n’a pas été pris en compte dans le cadre de cette étude. Le volet Surveillance examine les conditions locales qui touchent à la gestion riveraine et désigne les implications pour le plan résultant des changements de ces conditions. Ce volet pourrait inclure les taux d’érosion, l’habitat terrestre et aquatique, et l’aménagement.

Mise en œuvre

Les principes clés de la planification de la gestion riveraine ont été exposés afin de fournir au KEPO les informations dont il a besoin pour faire avancer ses propres processus de planification. Un certain nombre de techniques de prévention et de protection ont été décrites, notamment le déplacement, les marges de recul et les élévations minimales, la protection non structurelle et la protection structurelle. La protection structurelle comprenait des revêtements en pente, des murs verticaux, des brise-lames et des solutions de bio-ingénierie de rechange. Des solutions possibles de prévention et de protection ont été décrites pour un certain nombre de tronçons. Les solutions reposaient sur notre interprétation des caractéristiques physiques du site et décrivaient ce qui pouvait être fait pour résoudre les problèmes d’inondation et d’érosion. Nous n’avons pas abordé les facteurs sociaux ou économiques qui doivent en fin de compte faire partie du processus de prise de décision. Le plan de gestion riveraine du KEPO devrait inclure des mesures d’adaptation pour faire face à l’impact des changements climatiques.

Résultats et suivi des progrès

L’étude de vulnérabilité de la rive fournit plusieurs options de mesures correctives qui peuvent être prises pour aider à atténuer les impacts collectifs de l’érosion riveraine, brièvement décrites dans la section Mise en œuvre (Implementation) ci-dessus. Cette évaluation a permis de déterminer que la cause la plus importante de l’érosion riveraine susmentionnée dans la zone d’étude est imputable à l’action des vagues causées par le vent, en particulier à des niveaux élevés des eaux. Les vagues des navires contribuent à cette érosion, mais à un degré moindre.

Un programme de surveillance n’a pas été mis en œuvre, mais l’étude de cas détaille les éléments de ce que l’évaluation devrait comporter. Il s’agirait d’un exercice à long terme et, bien que les données collectées aient une utilité limitée au cours des premières années du programme, elles pourraient être très précieuses dans les décennies à venir. Un programme de surveillance adéquat impliquerait la mise en place de stations de surveillance de l’érosion à des endroits clés où les lignes de profil perpendiculaires au rivage peuvent être étendues à la fois vers la terre et vers le large. Un point de référence devrait être établi afin que toutes les mesures futures puissent être rattachées à la référence. Il serait avantageux de marquer ce point avec une barre d’acier, par exemple un morceau de barre d’armature. Des repères verticaux redondants et un point de contrôle horizontal devraient être établis afin que le point de référence puisse être établi s’il est perdu ou déplacé d’une manière ou d’une autre. Il est recommandé d’établir un profil en mesurant simplement la distance jusqu’au sommet de la berge. Des données complètes sur la récession du profil fournissent de meilleures informations que la récession linéaire des berges et elles permettent de déterminer le taux d’érosion linéaire du fond près de la rive. Tous les levés doivent être effectués à l’aide d’une perche de relevé en contact avec le sol et le lit du lac. L’objectif étant d’établir des données sur le taux d’érosion à long terme, les levés n’ont pas besoin d’être répétés fréquemment. Au départ, les profils pourraient être levés tous les deux ou trois ans, puis l’intervalle pourrait être porté aux cinq ans.

Prochaine étapes

L’étude de cas souligne l’importance du plan de gestion riveraine du KEPO, qui comprend des mesures d’adaptation pour faire face à l’impact des changements climatiques.

Ressources

Lien vers l’étude de cas complète (en anglais seulement)

Si vous souhaitez en savoir plus sur les expériences et les histoires des peuples autochtones dans un climat changeant, visitez le Indigenous Climate Hub (en anglais seulement). Vous pouvez également trouver sur la plateforme un certain nombre d’outils de ressources sur le changement climatique pour que les peuples autochtones puissent surveiller et s’adapter au climat en constante évolution.

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