Débranchement des dalots souterrains

Après une série d’inondations de sous-sols, la Ville de London a lancé en 2013 un programme visant à débrancher les dalots souterrains du réseau d’égouts sanitaires. Les dalots souterrains sont une sorte de tuyau poreux utilisé pour l’acheminement et la dispersion de l’eau, généralement placé dans une tranchée remplie de matériaux d’agrégats. Lorsque ces dalots souterrains sont raccordés à l’égout sanitaire latéral, ils évacuent l’eau de pluie directement dans le réseau d’égouts, et peuvent entraîner l’inondation des sous-sols, car l’eau de pluie supplémentaire remplit le réseau d’égouts au-delà de sa capacité, ce qui provoque un refoulement dans les maisons. Depuis des décennies, il est de pratique courante dans tout le Canada d’interdire le branchement des dalots souterrains aux conduites des égouts sanitaires. Cependant, dans les lotissements construits avant les années 1980, bien des maisons possèdent une telle installation. Le programme pilote de London a ciblé un quartier en particulier où de nombreuses maisons anciennes avaient de tels branchements.

Comprendre et évaluer les impacts

La prise d’eau et l’infiltration excessives sont une cause fréquente de refoulement des égouts sanitaires et d’inondation des sous-sols. L’infiltration désigne l’eau qui provient des sols environnants et qui pénètre dans les égouts par des fissures dans les tuyaux et des raccordements qui fuient. La prise d’eau est le fait d’une eau de pluie propre qui pénètre dans les égouts sanitaires par des branchements directs. L’une des principales sources de prise d’eau est le branchement direct des dalots souterrains au réseau d’égouts sanitaires. Ce type de branchement est rarement, sinon jamais, autorisé aujourd’hui, mais il était assez courant avant les années 1980 environ. Dans de nombreuses villes du Canada, les développements résidentiels construits avant les années 1980 sont une source importante de prise d’eau et, par conséquent, des facteurs contribuant aux inondations par refoulement des égouts. Un quartier en particulier de London, Sherwood Forest, a été désigné comme étant l’un des principaux responsables de la série d’inondations de sous-sols qui ont frappé la ville pendant de nombreuses années. Ce quartier a été construit dans les années 1970 et 1980, avant les règlements de 1985 sur le débranchement des dalots souterrains. Le problème est encore aggravé par les conditions du sol, qui est constitué d’une argile très compactée qui ne s’infiltre pas facilement dans l’eau, ce qui entraîne un recours accru aux dalots souterrains et à d’autres mécanismes construits pour l’acheminement de l’eau, ainsi qu’un degré relativement élevé de surface imperméable, qui empêche également l’absorption de l’eau dans le sol.

Déterminer les actions

Reconnaissant qu’elle avait un problème majeur sur les bras, la Ville de London a commandé une étude sur les moyens de résoudre ce problème. Le rapport qui a suivi a indiqué que la méthode la plus économique pour réduire les débordements (refoulements) d’égouts sanitaires et les inondations de sous-sols serait de s’attaquer au problème à sa source : le point d’entrée des eaux de pluie dans le réseau d’égouts sanitaires. Le rapport indiquait qu’un investissement de 2 millions de dollars dans des méthodes de contrôle à la source aurait un impact plus important sur la réduction des inondations qu’un investissement de 10 millions de dollars dans la modernisation des infrastructures de protection. À la suite de cette étude, la Ville de London a décidé de lancer un programme pilote de débranchement des sources de prise d’eau. Elle avait déjà mis en place un programme de pompes de puisard dans les années 1990, et augmenté les paiements en 2009, mais avait reçu très peu d’intérêt de la part des citoyens. Il a donc été décidé que la Ville devrait entreprendre des efforts substantiels afin d’obtenir la participation des citoyens à ce programme. Après tout, les dalots souterrains et autres sources de prise d’eau sont principalement situés sur des propriétés privées, ce qui limite fortement les droits légaux de la Ville à faire appliquer le changement. La modélisation informatique a permis de sélectionner 65 maisons dans le quartier cible de Sherwood Forest et les propriétaires concernés ont été informés par courrier, téléphone et lors d’assemblées publiques.

Mise en œuvre

Afin d’améliorer les degrés de coopération des citoyens, un recouvrement intégral des coûts a été alloué, ainsi qu’un paiement supplémentaire de 1 000 $ pour aider à compenser les besoins futurs en matière d’entretien. Le fait de travailler avec des branchements d’égouts du côté privé a entraîné plusieurs complications majeures pour le projet. Il a fallu travailler directement avec les propriétaires, car leur autorisation expresse était nécessaire pour mener des opérations sur leur propriété; cela a obligé la Ville à prendre des mesures supplémentaires pour assurer la conformité, comme la vérification des antécédents judiciaires de tous les entrepreneurs et de leur personnel, des exigences supplémentaires en matière d’assurance responsabilité civile et une couverture d’assurance complète pour tous les employés. L’obtention des permis de construire pour chaque maison individuelle a également nécessité une coordination avec la division des bâtiments de la Ville. Le travail à l’intérieur des maisons privées a également nécessité la signature de plusieurs accords individuels avant chaque rénovation, et la possibilité pour les entrepreneurs de travailler selon un horaire flexible.

Résultats et suivi des progrès

Depuis l’achèvement du programme, on a constaté une diminution notable du volume total d’eau dans les égouts de la Ville durant des précipitations extrêmes et, en outre, aucune des maisons participantes n’a connu de refoulement d’égout depuis la fin de l’opération. L’un des enseignements notables tirés, comme l’a rapporté le personnel joint, a été la nécessité de consacrer du temps à l’éducation des propriétaires de maison sur le projet et de s’assurer qu’ils comprenaient bien ce qu’on attendait d’eux, quels travaux étaient effectués et quels étaient les bénéfices escomptés.