Adaptation à la chaleur accablante — perspective de la région sud-ouest rurale de l’Ontario

Le comté d’Oxford, une région largement rurale du Sud-Ouest de l’Ontario, a entrepris une série de consultations et d’ateliers pour aborder les problèmes particuliers auxquels il est confronté en cas de canicule. Si le comté d’Oxford n’est pas le seul comté à s’efforcer de se préparer à la menace croissante des canicules, son statut de comté rural lui pose plusieurs défis particuliers. Non seulement les régions rurales sont plus susceptibles d’avoir une population plus âgée que les zones urbaines, mais il est également probable qu’il y ait une plus grande proportion de personnes exerçant des professions en plein air physiquement éprouvantes (par exemple, les agriculteurs, les forestiers, les pêcheurs et d’autres travailleurs effectuant des travaux en plein air). En outre, ces régions doivent faire face à des ressources et à une expertise limitées, à la proximité et à l’accès aux services de santé, à un nombre plus restreint d’organisations et d’installations de soutien communautaire, à des médias limités pour communiquer en temps réel avec les populations locales pendant un événement et, enfin, à une plus grande probabilité que les personnes soient isolées ou ne disposent pas de transports publics par rapport à celles qui vivent en milieu urbain. Pour compliquer encore les choses, le comté d’Oxford fait partie des régions les plus chaudes du Canada et, en raison des changements climatiques, on s’attend à ce que le nombre de jours où la température dépasse 30 °C double d’ici le milieu du siècle. Ces exercices de consultation et d’atelier se sont avérés efficaces pour accroître l’efficacité du Heat Alert and Response System [système d’avertissement et d’intervention en cas de chaleur] dans la région.

Comprendre et évaluer les impacts

Les relevés climatiques historiques indiquent que le comté d’Oxford, en Ontario, est l’une des régions les plus chaudes du Canada, ayant connu des températures et des valeurs d’humidex parmi les plus élevées du pays. En outre, les prévisions climatiques indiquent que cette région verra doubler le nombre de jours de plus de 30 °C d’ici le milieu du siècle. Ces dangers provoqués par la chaleur ne sont qu’exacerbés par un certain nombre de problèmes propres au comté, qui est une région essentiellement rurale. Avec une population plus âgée, de nombreuses personnes exerçant des professions à haut risque et effectuant des travaux manuels en plein air, un accès limité aux transports en commun et aux autres services publics, et une lutte constante pour trouver suffisamment de ressources pour les installations de soutien médical existantes, le comté d’Oxford est plus exposé aux menaces de la chaleur accablante que les autres régions du Canada.

Déterminer les actions

Le comté d’Oxford n’est pas le seul à avoir mis en place un système d’avertissement et d’intervention en cas de chaleur. Le service d’urgence et de santé publique du comté d’Oxford a pu tirer parti de ses personnes‑ressources au sein des unités de santé publique voisines et a participé à des ateliers multilatéraux dans toute la province afin d’intégrer les idées et les leçons apprises sur des questions clés telles que la communication efficace des risques pour la santé liés à la chaleur, les interactions entre les médicaments et la chaleur et les méthodes d’évaluation des vulnérabilités au niveau communautaire. La collecte de ces renseignements a été un long processus, mais le développement du système d’avertissement et d’intervention en cas de chaleur du comté d’Oxford a été largement facilité par un exercice organisé dans le cadre de l’événement annuel de formation et d’éducation à la préparation et à l’intervention en cas d’urgence du comté. 

Mise en œuvre

L’atelier d’une journée a commencé par une série de présentations générales sur les effets de la chaleur sur les populations vulnérables, la climatologie régionale, les interactions entre la chaleur et les médicaments, et les services locaux d’intervention. Les participants ont alors travaillé sur une série de scénarios d’aggravation de la chaleur dans un environnement situationnel contrôlé afin de mettre à l’essai l’activation prévue de l’alerte l’intervention en cas de chaleur avant de planifier le rétablissement de la collectivité. On a demandé aux participants de tenir compte des rôles et des responsabilités au sein de leur organisation, des procédures en vigueur, de même que des mesures et des décisions possibles. Les scénarios élaborés ont mis l’accent sur l’exploration de la capacité de réaction de la collectivité face à différentes situations possibles, telles que la contamination de l’eau de puits, les pannes de courant, l’isolement de la collectivité et l’élimination du bétail mort. 

Résultats et suivi des progrès

Près de 100 participants ont assisté à l’exercice de simulation. Il s’agissait de l’un des plus grands exercices de cette nature organisés par le comté d’Oxford. Quatre thèmes clés sont ressortis de l’exercice :

  • La communication entre les organismes concernés, le grand public et le centre des opérations d’urgence est essentielle. L’exercice a fourni à ces unités la première occasion de se réunir pour discuter de la communication en matière d’intervention (par exemple, qui est responsable de l’émission d’une alerte en cas de chaleur, qui déclare l’état d’urgence et informe le public en temps utile?).
  • De nombreuses agences ayant participé à l’exercice ont souligné l’importance de revoir leurs politiques actuelles (si elles existent) en matière de chaleur accablante.
  • Le fait d’informer le public repose sur l’équilibre délicat qui existe entre agir de manière proactive et désensibiliser la population, tout particulièrement les gens les plus vulnérables à la chaleur.
  • Les opérations de gestion des urgences en milieu rural sont confrontées à des problèmes de ressources. La demande en matière de ressources a souvent été mentionnée par les participants tout au long de l’exercice.